{"id":1114,"date":"2022-08-24T15:56:12","date_gmt":"2022-08-24T13:56:12","guid":{"rendered":"https:\/\/leseffrontes.fr\/?p=1114"},"modified":"2024-05-26T16:13:07","modified_gmt":"2024-05-26T14:13:07","slug":"vers-la-feminisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2022\/08\/24\/vers-la-feminisation\/","title":{"rendered":"Vers la f\u00e9minisation\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p>Sur la couverture blanche et sobre est dessin\u00e9 le symbole du yin et du yang d\u00e9form\u00e9&nbsp;: l\u2019une des deux moiti\u00e9s occupe la majeure partie du cercle. Sans doute une repr\u00e9sentation du d\u00e9s\u00e9quilibre de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine au d\u00e9triment du masculin, m\u00eame si le graphiste s\u2019est gour\u00e9 en inversant les couleurs (pour les Chinois, le masculin c\u2019est la clart\u00e9, le f\u00e9minin l\u2019obscurit\u00e9). Le titre du bouquin est <em>Vers la f\u00e9minisation&nbsp;? Pour comprendre l\u2019arriv\u00e9e des femmes au pouvoir<\/em>, et c\u2019est un bon pote qui me l\u2019a mis entre les mains. Je l\u2019ai donc lu attentivement, en d\u00e9pit de la r\u00e9putation foireuse de son auteur&nbsp;: Alain Soral. La premi\u00e8re \u00e9dition date de 1999 et fut remani\u00e9e en 2007, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 ses d\u00e9boires judiciaires commen\u00e7aient tout juste.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce billet, je ne parlerai pas davantage du personnage public d\u2019Alain Soral, ni des propos qui lui ont valu d\u2019\u00eatre si souvent tra\u00een\u00e9 devant les tribunaux. Je me bornerai \u00e0 discuter du contenu de ce livre-ci. Je note cependant qu\u2019un type qui r\u00e9ussit \u00e0 se faire condamner des dizaines de fois pour diffamation, injures, incitation \u00e0 la haine et divers motifs similaires ne ma\u00eetrise pas (ou plus) le d\u00e9licat exercice de l\u2019expression publique. Bref, quelles que soient vos affinit\u00e9s \u00e9ventuelles avec les opinions politiques d\u2019Alain, vous conviendrez s\u00fbrement qu\u2019il est parti en vrille depuis longtemps.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Coup de Freud<\/h2>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res pages m\u2019ont fait peur par le style un brin grandiloquent et l\u2019usage exp\u00e9ditif de concepts philosophiques myst\u00e9rieux pour moi et sans doute pour la plupart des gens (\u00ab&nbsp;dualisme transcendantal&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;monisme dialectique&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;n\u00e9okantisme&nbsp;\u00bb\u2026 certes, chacun \u00e0 son Kant-\u00e0-soi). Le texte reste cependant lisible et Alain d\u00e9tend irr\u00e9guli\u00e8rement l\u2019atmosph\u00e8re en glissant un \u00ab&nbsp;fiotte&nbsp;\u00bb ou un \u00ab&nbsp;p\u00e9d\u00e9&nbsp;\u00bb, avec parfois un v\u00e9ritable effet comique. L\u2019\u00e9talage de r\u00e9f\u00e9rences intello-prestigieuses et de concepts philosophiques me para\u00eet plus pardonnable chez un semi-autodidacte que dans les pav\u00e9s longs et mornes des universitaires estampill\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus que dans la philosophie, c\u2019est dans la psychanalyse qu\u2019Alain puise son mod\u00e8le des diff\u00e9rences de comportement entre homme et femme. (Dans les citations, j\u2019ai ins\u00e9r\u00e9 entre crochets les notes de bas de page dont il est friand.)<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Du fait de la dissym\u00e9trie de l\u2019\u0153dipe, fille et gar\u00e7on se retrouvent donc dans une situation affective inverse\u00a0:<\/p><p>\u2014 le gar\u00e7on refuse de grandir pour continuer \u00e0 vivre avec sa m\u00e8re l\u2019amour parfait. [Ce qui explique que le jeune homme v\u00e9g\u00e9tant dans l\u2019attente nostalgique du retour de la m\u00e8re mette un temps plus long \u00e0 comprendre et \u00e0 accepter les subtilit\u00e9s de la s\u00e9duction.] Se r\u00e9soudre \u00e0 la s\u00e9paration reviendra pour lui \u00e0 accepter d\u2019affronter le p\u00e8re et de faire sienne la douloureuse opposition amour\/travail\u00a0;<\/p><p>\u2014 la fille veut grandir (d\u2019o\u00f9 la maturit\u00e9 plus pr\u00e9coce) pour sortir de l\u2019amour moins satisfaisant de la m\u00e8re et aller vers l\u2019amour du p\u00e8re. Pour elle, l\u2019amour n\u2019est donc pas cette passivit\u00e9 nostalgique oppos\u00e9e \u00e0 l\u2019effort, mais son projet\u00a0: <em>le travail de la s\u00e9duction<\/em>.<\/p><cite> p. 44, ch. <em>La dissym\u00e9trie de l\u2019\u0153dipe<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les pages \u00ab&nbsp;freudiennes&nbsp;\u00bb sont \u00e9tonnamment <em>pilule rouge<\/em>, proches de la compr\u00e9hension des comportements des deux sexes dessin\u00e9es par les donn\u00e9es biologiques, psychologiques et statistiques. Pour moi qui pr\u00e9f\u00e8re les sciences exp\u00e9rimentales et les constats factuels \u00e0 la subjectivit\u00e9 des r\u00e9cits psychanalytiques, la r\u00e9ussite d\u2019Alain \u00e0 b\u00e2tir sur le complexe d\u2019\u0152dipe un raisonnement aboutissant \u00e0 de justes conclusions ne lasse pas de m\u2019\u00e9pater. Je ne sais s\u2019il faut en attribuer le m\u00e9rite r\u00e9el \u00e0 la psychanalyse ou \u00e0 ses ann\u00e9es de pratique de la drague. Ensuite Alain tente de d\u00e9velopper une th\u00e9orie unissant sexe et politique qui m\u2019a moins impressionn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marx attaque<\/h2>\n\n\n\n<p>Alain a beaucoup lu d\u2019auteurs marxistes (le texte est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une citation de Georg Luk\u00e1cs et d\u2019une d\u00e9dicace \u00e0 Michel Clouscard) et ne manque pas de souligner que \u00ab&nbsp;la domination&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;l\u2019oppression&nbsp;\u00bb, ch\u00e8res au militantisme victimaire, s\u2019exercent beaucoup plus manifestement entre les classes sociales qu\u2019entre les sexes.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Dans l\u2019imaginaire collectif, la femme sexuellement opprim\u00e9e a remplac\u00e9 le prol\u00e9taire. [Ainsi la bourgeoise de gauche, par le f\u00e9minisme, a-t-elle r\u00e9ussi \u00e0 spolier le travailleur de son unique prestige\u00a0: le prestige moral de l\u2019opprim\u00e9.] Une vision fantasmatique de l\u2019histoire nous la montre coup\u00e9e en deux\u00a0: avant, souffrant sous le joug d\u2019un machisme fasciste\u00a0; aujourd\u2019hui (en gros depuis Mai 68) \u00e9mancip\u00e9e d\u2019un coup par la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Lib\u00e9r\u00e9e de ce quasi-viol collectif par les magazines f\u00e9minins, ma\u00eetresse enfin de son corps et de son d\u00e9sir.<\/p><p>Dualisme grossier dans lequel on a du mal \u00e0 ranger les innombrables ma\u00eetresses-femmes du pass\u00e9\u00a0: pr\u00eatresses, reines, duchesses, courtisanes, intrigantes, libertines, femmes de lettres, renti\u00e8res, demi-mondaines\u2026 qui peuplent l\u2019histoire sans la moindre discontinuit\u00e9.<\/p><p>Lendemains qui chantent, qui grincent aussi un peu \u00e0 la vue des hordes de vendeuses, caissi\u00e8res, standardistes et autres shampouineuses vivant chichement d\u2019un salaire rogn\u00e9 par le ch\u00f4mage et la flexibilit\u00e9. [\u2026]<\/p><p>S\u2019il existe une condition humaine (soit l\u2019\u00e9tat historique des forces productives et des rapports de production), personne n\u2018osera contester que la condition d\u2019un homme d\u00e9pend d\u2019abord de sa position sociale.<\/p><p>Il n\u2019existe donc pas de <em>condition masculine<\/em> mais une condition ouvri\u00e8re, une pr\u00e9carisation du salari\u00e9, une d\u00e9fiscalisation du rentier\u2026<\/p><p>Alors de deux choses l\u2019une\u00a0:<\/p><p>\u2014 soit la femme \u00e9chappe aux cat\u00e9gories sociales, auquel cas il n\u2019existe ni ouvri\u00e8res, ni employ\u00e9es, ni renti\u00e8res\u2026 ce que la r\u00e9alit\u00e9 semble contester\u00a0;<\/p><p>\u2014 soit ce sont plut\u00f4t les cat\u00e9gories sociales qui ont tendance \u00e0 lui \u00e9chapper, pour cause de r\u00e9duction psychologiste pr\u00e9c\u00e9demment abord\u00e9e. [Ce qui tendrait \u00e0 d\u00e9montrer que les f\u00e9ministes restent au fond de leur t\u00eate des femmes au foyer\u00a0!]<\/p><cite> pp. 67-68, ch. <em>Une vision fantasmatique de l\u2019histoire<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Articulant sexe et classe dans son travail, Alain Soral est donc un auteur intersectionnel que seule sa situation d\u2019homme cis-genre-blanc-h\u00e9t\u00e9ro a pu invisibiliser dans le champ des \u00e9tudes de genre domin\u00e9 par les fiottes f\u00e9ministes. (Oui, je plaisante. Vous en doutiez\u00a0?) Blague \u00e0 part, la spoliation du \u00ab\u00a0prestige moral de l\u2019opprim\u00e9\u00a0\u00bb fonctionne en effet \u00e0 plein tube dans ce vieil hymne du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mouvement_de_lib%C3%A9ration_des_femmes\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">MLF<\/a>, fi\u00e8rement interpr\u00e9t\u00e9 lors d\u2019un r\u00e9cent meeting de soutien au candidat d\u2019union de la gauche, des verts et des derniers communistes encart\u00e9s\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Nous qui sommes sans pass\u00e9, les femmes<\/p><p>Nous qui n&rsquo;avons pas d&rsquo;histoire<\/p><p>Depuis la nuit des temps, les femmes<\/p><p>Nous sommes le continent noir.<\/p><p>Refrain\u00a0:<\/p><p>        Debout femmes esclaves<\/p><p>        Et brisons nos entraves<\/p><p>        Debout, debout, debout&nbsp;!<\/p><p>Asservies, humili\u00e9es, les femmes<\/p><p>Achet\u00e9es, vendues, viol\u00e9es<\/p><p>Dans toutes les maisons, les femmes<\/p><p>Hors du monde rel\u00e9gu\u00e9es.<\/p><p>(Refrain)<\/p><p>Seules dans notre malheur, les femmes<\/p><p>L&rsquo;une de l&rsquo;autre ignor\u00e9e<\/p><p>Ils nous ont divis\u00e9es, les femmes<\/p><p>Et de nos s\u0153urs s\u00e9par\u00e9es.<\/p><p>(Etc.)<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Que cette vision hallucinatoire d\u2019une <em>sororit\u00e9<\/em> homog\u00e8ne, sans diff\u00e9rences de niveau de vie, de nationalit\u00e9 et d\u2019\u00e9ducation, et subissant \u00ab&nbsp;depuis la nuit des temps&nbsp;\u00bb l\u2019\u00e9quivalent de la traite n\u00e9gri\u00e8re n\u2019ait provoqu\u00e9 ni l\u2019ire des militants anti-racistes, ni l\u2019hilarit\u00e9 des politiciens pr\u00e9tendant encore vaguement se pr\u00e9occuper des travailleurs en dit long sur l\u2019acquiescement de l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, hommes inclus, aux lubies f\u00e9ministes. La femme n\u2019est pas une cat\u00e9gorie sociale, en effet\u2026 sauf dans la t\u00eate de tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Symbole de luxe et d\u2019oisivet\u00e9, la f\u00e9minit\u00e9 est donc devenue, par l\u2019histoire, le signe <em>social<\/em> de l\u2019appartenance ou de l\u2019accession \u00e0 l\u2019\u00e9lite. Une esth\u00e9tique de la frivolit\u00e9 (pr\u00e9ciosit\u00e9, \u00e9l\u00e9gance, apparat) par laquelle le nanti marque sa distance avec la masculinit\u00e9 aust\u00e8re du monde du travail, dans lequel il rejette aussi bien l\u2019ouvri\u00e8re que l\u2019ing\u00e9nieur. [\u2026]<\/p><p>Mais l\u2019association du travail \u00e0 la masculinit\u00e9 de la production des artefacts, a eu pour effet pervers de rejeter dans l\u2019ombre cet autre travail tout aussi essentiel et respectable qu\u2019est la maternit\u00e9.<\/p><p>Travail f\u00e9minin de la procr\u00e9ation et de l\u2019\u00e9ducation des enfants non reconnu par la conception masculine, mais aussi par les f\u00e9ministes. Revendiquer le droit au travail pour les femmes revenant en effet\u00a0:<\/p><p>\u2014 \u00e0 ignorer, au nom d\u2019une conception \u00e9minemment machiste [Le f\u00e9minisme se r\u00e9v\u00e9lant sur le plan du travail, comme sur celui du d\u00e9sir, une soumission non sue \u00e0 la masculinit\u00e9.], le travail de la maternit\u00e9 et du maternage accompli par les femmes depuis la nuit des temps\u00a0;<\/p><p>\u2014 et par cons\u00e9quent, \u00e0 se faire le chantre de la double journ\u00e9e.<\/p><p>Du coup, les femmes qui \u00e9taient traditionnellement copropri\u00e9taires et cogestionnaires d\u2019une petite entreprise familiale (la famille), au sein de laquelle elles accomplissaient un travail valorisant (l\u2019amour et l\u2019\u00e9ducation des enfants), se retrouvent aujourd\u2019hui, pour la plupart d\u2019entre elles, employ\u00e9es subalternes. Salari\u00e9es sous-pay\u00e9es d\u2019une entreprise qui ne leur appartient pas (la Soci\u00e9t\u00e9 Anonyme), \u00e0 servir huit heures par jour la soupe \u00e0 un homme qu\u2019elles n\u2019ont pas choisi (le patron), avant de retourner la servir chez elles. [\u2026]<\/p><p>Mais cette revendication des femmes face au travail n\u2019a pu devenir l\u00e9gitime que parce que leur \u00e9galit\u00e9 y est devenue r\u00e9elle. Le progr\u00e8s technique (int\u00e9gralement d\u00fb aux hommes soit dit en passant) et le d\u00e9veloppement du secteur tertiaire survenus ces trente derni\u00e8res ann\u00e9es, n\u2019exigeant plus cette force physique qui faisait de la masculinit\u00e9 une qualit\u00e9 sup\u00e9rieure, souvent n\u00e9cessaire et d\u00e9terminante. [C\u2019est pourquoi cette revendication \u00e9galitaire n\u2019a, par exemple, toujours pas de sens pour le travail de chantier o\u00f9 une femme ne peut pas fournir le travail d\u2019un homme \u00e0 dur\u00e9e \u00e9gale.]<\/p><p>Ce que les f\u00e9ministes pr\u00e9sentent avec orgueil comme une conqu\u00eate politique n\u2019est donc, en r\u00e9alit\u00e9, que la cons\u00e9quence in\u00e9luctable de l\u2019\u00e9volution du travail, et notamment de la progression de la standardisation. Ce qu\u2019elles pr\u00e9sentent comme l\u2019int\u00e9r\u00eat des femmes \u00e9tant plut\u00f4t celui de la productivit\u00e9, donc de la rentabilit\u00e9.<\/p><cite> pp. 102-105, ch. <em>Le f\u00e9minisme et la politique<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ici l\u2019analyse marxiste d\u2019Alain loupe un ressort pas du tout \u00e9conomico-politique\u00a0: l\u2019int\u00e9r\u00eat du travail, pour les femmes, c\u2019est de pouvoir poursuivre le plus longtemps possible leur <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2022\/04\/29\/jeanne-et-lalpha\/\">qu\u00eate de l\u2019alpha<\/a> \u2014 l\u2019homme qui cocherait miraculeusement toutes les cases de leur d\u00e9sir instinctif <em>et<\/em> qu\u2019elles parviendraient \u00e0 apprivoiser pour en faire un approvisionneur docile (mais pas trop, sinon il ne serait plus excitant).<\/p>\n\n\n\n<p>Si je me r\u00e9jouis que <em>Vers la f\u00e9minisation&nbsp;?<\/em> remette au centre de la discussion les conditions \u00e9conomiques et le corps des individus, je d\u00e9plore d\u2019y trouver les impasses typiques des militants marxisants. Alain\u2026 Pardon de te le dire brutalement&nbsp;: les gens ne <em>veulent pas<\/em> \u00eatre lib\u00e9r\u00e9s de leur patron. Car la bourgeoisie, que tu qualifies de parasitaire, joue bel et bien un r\u00f4le dans l\u2019\u00e9conomie&nbsp;: fournir (et imposer) aux travailleurs l\u2019organisation de la production qu\u2019ils ne sont pas fichus de cr\u00e9er eux-m\u00eames. \u00ab&nbsp;Rendre les moyens de production aux travailleurs&nbsp;\u00bb, c\u2019\u00e9tait juste une blague. O\u00f9 sont les centaines de milliers d\u2019entreprises coop\u00e9ratives qui auraient pu \u00eatre cr\u00e9\u00e9es par les mouvements ouvriers depuis plus de 150 ans&nbsp;? Nulle part. Les partis et les syndicats socialistes\/communistes ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la <em>cogestion<\/em> avec les capitalistes et les ouvriers la <em>consommation<\/em> gr\u00e2ce au capitalisme. Les permanents syndicaux ont pu avoir leur voiture de fonction et les militants leur voiture \u00e0 cr\u00e9dit. Tout le monde \u00e9tait m\u00e9content en apparence mais bien content au fond. Le r\u00e8gne de la marchandise ne s\u2019est pas impos\u00e9 <em>contre<\/em> les d\u00e9sirs humains fondamentaux mais bien <em>gr\u00e2ce<\/em> \u00e0 ceux-ci&nbsp;: avoir le plus de confort et de s\u00e9curit\u00e9 possible, et poursuivre ses pulsions sexuelles avec le moins d\u2019entraves possible.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le dessous Descartes<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>L\u2019homme et la femme n\u2019existent pas l\u2019un sans l\u2019autre, il faut qu\u2019ils s\u2019aiment et qu\u2019ils s\u2019accouplent pour que l\u2019humanit\u00e9 soit. La dissociation abstraite qui fait exister l\u2019homme et la femme s\u00e9par\u00e9ment, mais l\u2019homme contre la femme [Alors qu\u2019il n\u2019y a pas, qu\u2019il n\u2019y a jamais eu de guerre des sexes mais une psychologisation f\u00e9minine et bourgeoise de la lutte des classes.], provient de la vision individualiste et de la m\u00e9thodologie qui l\u2019accompagne. [Syst\u00e9matis\u00e9e au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle par le <em>Discours<\/em> de la m\u00e9thode de Ren\u00e9 Descartes et le sujet transcendantal du \u00ab&nbsp;cogito&nbsp;\u00bb.]<\/p><cite> p. 163, ch. <em>Conclusion\u00a0: ni le corps ni l\u2019\u0153dipe ne sont des d\u00e9mocraties<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est ici que je tombe en s\u00e9rieux d\u00e9saccord avec Alain Soral&nbsp;: il y a <em>toujours<\/em> eu une \u00ab&nbsp;guerre des sexes&nbsp;\u00bb, parce que les besoins reproductifs des hommes et des femmes sont radicalement diff\u00e9rents. Il n\u2019est nullement n\u00e9cessaire que l\u2019homme et la femme s\u2019aiment pour que l\u2019humanit\u00e9 soit. Il est seulement n\u00e9cessaire que les hommes aiment suffisamment les femmes pour leur apporter l\u2019approvisionnement et la protection dont elles ont besoin pour elles-m\u00eames et leur prog\u00e9niture, et d\u2019autre part que les femmes pr\u00e9f\u00e8rent <em>certains hommes<\/em> pour maximiser les chances d\u2019\u00eatre f\u00e9cond\u00e9es selon les attentes de leur instinct. Je vais aller plus loin&nbsp;: la forte s\u00e9lection des hommes par les femmes implique que les femmes <em>n\u2019aiment pas les hommes en g\u00e9n\u00e9ral.<\/em> Elles peuvent aimer <em>certains hommes<\/em>, mais pas <em>les hommes<\/em>. La dissociation entre les sexes n\u2019a rien d\u2019abstraite et le brave Ren\u00e9 n\u2019y est pour rien. Je trouve contradictoire qu\u2019Alain entretienne cette id\u00e9e de r\u00e9ciprocit\u00e9 amoureuse apr\u00e8s avoir expliqu\u00e9 que les constructions mentales et sentimentales du gar\u00e7on et de la fille sont enti\u00e8rement divergentes du fait m\u00eame de leurs complexes d\u2019\u0152dipe asym\u00e9triques. Tout cela pour faire entrer de force dans une explication marxisante un ph\u00e9nom\u00e8ne bien plus primitif, profond et universel que la \u00ab&nbsp;lutte des classes&nbsp;\u00bb. Le Sexe est plus fort que le Capital, Alain. C\u2019est le Sexe qui incite des hommes \u00e0 en exploiter d\u2019autres, parce que leurs femmes veulent plus de ressources pour leurs enfants.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Mais cet \u00e9galitarisme abstrait, syst\u00e9matique, ne peut rien au fait que ni le corps ni l\u2019\u0153dipe ne sont des d\u00e9mocraties\u00a0:<\/p><p>\u2014 que les femmes fassent les enfants ne r\u00e9sulte pas d\u2019une oppression sociale maniganc\u00e9e par les hommes [Croyance f\u00e9ministe et bourdieusienne due sans doute \u00e0 une mauvaise compr\u00e9hension de la VI<sup>e<\/sup> th\u00e8se sur Feuerbach de Karl Marx.] mais de la nature\u00a0;<\/p><p>\u2014 le respect du p\u00e8re n\u2019est ni un abus ni une ali\u00e9nation, mais une structure de repr\u00e9sentations directement cons\u00e9cutive \u00e0 la binarit\u00e9 des sexes.<\/p><cite> pp. 163-164, ch. <em>Conclusion\u00a0: ni le corps ni l\u2019\u0153dipe ne sont des d\u00e9mocraties<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u00c7a, d\u2019accord. M\u00eame si je ne crois pas que beaucoup de f\u00e9ministes aient lu les <em>Th\u00e8ses sur Feuerbach<\/em> ou m\u00eame Bourdieu (et moi non plus).<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9cris ce billet, le Mouvement fran\u00e7ais pour le planning familial fait beaucoup parler de lui gr\u00e2ce \u00e0 une campagne de communication affirmant\u00a0: \u00ab\u00a0Au Planning, on sait que des hommes aussi peuvent \u00eatre enceints.\u00a0\u00bb, tandis que la romanci\u00e8re J. K. Rowling se trouve ostracis\u00e9e par le <em>show business<\/em> et les militant.e.s \u00e0 cheveux bleus ou roses pour avoir rappel\u00e9 qu\u2019un transsexuel n\u2019est pas r\u00e9ellement une femme. Plus de vingt ans apr\u00e8s la premi\u00e8re publication de <em>Vers la f\u00e9minisation\u00a0?<\/em>, un certain nombre de nos contemporains opposent un refus de plus en plus strident \u00e0 cette notion \u00e9l\u00e9mentaire\u00a0: on ne choisit pas son corps et l\u2019on n\u2019existe pas ind\u00e9pendamment de lui. Il se pourrait bien que la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale, si l\u2019on en pousse la logique individualiste jusqu\u2019au bout, s\u2019av\u00e8re incompatible avec la vie biologique des \u00eatres humains.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, Alain Soral tente de conclure sur une note optimiste et illusoire, un peu comme Emmanuel Todd dans <em>O\u00f9 en sont-elles\u00a0? <\/em><em>Une esquisse de l&rsquo;histoire des femmes<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Dans une perspective progressiste, il faut donc \u00e0 la femme, en plus de s\u2019\u00e9manciper de l\u2019oppression \u00e9conomique (par l\u2019union des travailleurs salari\u00e9s), qu\u2019elle s\u2019\u00e9mancipe aussi d\u2019elle-m\u00eame [En admettant pour commencer que si elle est rest\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent un citoyen de second ordre, c\u2019est d\u2019abord parce que l\u2019\u00e9conomico-politique est secondaire dans son esprit&nbsp;; que le politique est d\u2019abord la conscience masculine du monde.], ce qui revient alors \u00e0 porter la lutte et la contradiction <em>\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi<\/em>.<\/p><cite> pp. 164-165, ch. <em>Conclusion\u00a0: ni le corps ni l\u2019\u0153dipe ne sont des d\u00e9mocr<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cela n\u2019a bien s\u00fbr aucune chance d\u2019arriver, pour la raison que donne Alain lui-m\u00eame dans la note entre crochets&nbsp;: l\u2019\u00e9conomico-politique, c\u2019est masculin. Ce qui est f\u00e9minin c\u2019est de recueillir les fruits des efforts \u00e9conomico-politiques des hommes, pour approvisionner la famille telle que la per\u00e7oive les femmes&nbsp;: elles-m\u00eames au centre et leurs enfants autour. Semblablement, Emmanuel Todd expliquait que les femmes sont moins pr\u00e9occup\u00e9es du collectif en raison de la priorit\u00e9 qu\u2019elles donnent \u00e0 leur propre prog\u00e9niture, tout en esp\u00e9rant qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir elles se pr\u00e9occuperaient davantage du bien commun, maintenant qu\u2019elles sont en position de \u00ab&nbsp;matridominance&nbsp;\u00bb dans les couches interm\u00e9diaires de la soci\u00e9t\u00e9. D\u00e9cid\u00e9ment, quand il s\u2019agit des femmes, les hommes sont d\u2019ind\u00e9crottables ben\u00eats.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vers la virilit\u00e9&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce qui m\u2019a fait le plus r\u00e9fl\u00e9chir, dans la prose expansive d\u2019Alain Soral, c\u2019est cette histoire de relation \u0153dipienne m\u00e8re-fils engendrant l\u2019attente, chez l\u2019homme, d\u2019un amour parfait. \u00c0 chaque fois qu\u2019un homme prend la <em>pilule rouge<\/em> sur le comportement sexuel r\u00e9el des femmes et la logique reproductive qui l\u2019explique, le r\u00e9sultat est un profond abattement dont beaucoup ne semblent pas pouvoir sortir. Pour la plupart, nous avons v\u00e9cu en esp\u00e9rant un amour total, r\u00e9ciproque et loyal avec une femme. Un amour simple, pur, inconditionnel comme l\u2019amour maternel, mais avec le sexe en plus. D\u00e9couvrir que les relations des grandes personnes sont in\u00e9vitablement conditionnelles, que de surcro\u00eet le d\u00e9sir f\u00e9minin est \u00e0 la fois ultra-s\u00e9lectif et antagoniste avec le couple (voire <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2020\/11\/30\/les-femmes-sont-elles-attirees-par-les-criminels\/\">avec la civilisation<\/a>), et r\u00e9aliser enfin que l\u2019on nous a racont\u00e9 des bobards sur l\u2019amour depuis tout petit, cela laisse un sentiment de vide affreux et quelque chose entre la col\u00e8re et le chagrin.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on suit l\u2019all\u00e9gorie psychanalytique, nous avons manqu\u00e9 d\u2019une figure paternelle qui vienne \u00e0 la fois nous extraire du monde f\u00e9minin et nous procurer la soif de devenir l\u2019Homme \u00e0 notre tour. Dans une soci\u00e9t\u00e9 pacifique et tertiaris\u00e9e, maternante et automatis\u00e9e, que reste-t-il \u00e0 accomplir\u00a0? La dignit\u00e9 du travailleur s\u2019en est all\u00e9e avec les usines dans ces pays que l\u2019on dit r\u00e9actionnaires (car ils n\u2019ont pas d\u2019hommes enceints et persistent \u00e0 former des familles traditionnelles). Le conscrit et le mobilis\u00e9 d\u00e9fendant la Patrie sont enterr\u00e9s dans un autre si\u00e8cle et m\u00eame le soldat de m\u00e9tier pourrait finir par les rejoindre. Le \u00ab\u00a0bon p\u00e8re de famille\u00a0\u00bb vient d\u2019\u00eatre ray\u00e9 des codes, longtemps apr\u00e8s avoir perdu toutes ses pr\u00e9rogatives. Reste quelques niches masculines\u00a0: sportifs, artistes, ing\u00e9nieurs, dirigeants&#8230; tous de haut niveau et c\u2019est bien le probl\u00e8me\u00a0: ces aventures-l\u00e0 ne sont pas pour tout le monde. Et pourtant, je n\u2019ai pas mieux \u00e0 proposer aux gar\u00e7ons d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, quel que soit leur milieu d\u2019origine et leurs capacit\u00e9s. Trouvez-vous quelque chose \u00e0 accomplir, pour votre seul int\u00e9r\u00eat personnel et votre propre joie. M\u00eame si la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019attend plus des hommes la force, le courage et l\u2019intelligence qui la mouvait enti\u00e8rement il y a quelques g\u00e9n\u00e9rations encore, vous \u00eates fait pour incarner ces qualit\u00e9s viriles. Oui, m\u00eame si vous avez aujourd\u2019hui des petits bras mous, le cerveau suc\u00e9 par les \u00e9crans et la trouille de dire bonjour \u00e0 la caissi\u00e8re, votre potentiel masculin est toujours l\u00e0. Tant que vous ne l\u2019embrasserez pas \u00e0 pleine gueule, tant que vous resterez lov\u00e9 dans le confort en faisant v\u00f4tre les attentes f\u00e9minines d\u2019approvisionnement et de s\u00e9curit\u00e9, ce qui est masculin en vous continuera d\u2019agoniser douloureusement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019amour parfait ne viendra pas. Vous y avez go\u00fbt\u00e9 nourrisson, puis vous \u00eates tomb\u00e9 du Paradis, comme tous les hommes avant vous. Il n\u2018y a pas de retour possible, pas dans cette vie. C\u2019est le monde r\u00e9el qui vous attend, avec ses femmes impitoyables (et pourtant si anxieuses et d\u00e9pendantes), le d\u00e9labrement grandissant de ce si\u00e8cle (on ne choisit pas son \u00e9poque) et les cohortes de gar\u00e7ons paum\u00e9s \u2014 pesants boulets \u2014 qui ne parviendront jamais \u00e0 maturit\u00e9. Pour le dire en terme marxisto-soralien&nbsp;: il vous faut sortir de la consommation (le f\u00e9minin) pour aller vers la production (le masculin). Quand vous aurez r\u00e9ussi cette mue, vous aimerez l\u2019homme que vous serez devenu et vous pourrez \u00e0 nouveau aimer les femmes \u2014 cette fois comme un adulte, et non comme un enfant.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur la couverture blanche et sobre est dessin\u00e9 le symbole du yin et du yang d\u00e9form\u00e9&nbsp;: l\u2019une des deux moiti\u00e9s occupe la majeure partie du cercle. 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