{"id":2074,"date":"2024-01-21T16:11:12","date_gmt":"2024-01-21T15:11:12","guid":{"rendered":"https:\/\/leseffrontes.fr\/?p=2074"},"modified":"2024-01-21T20:39:38","modified_gmt":"2024-01-21T19:39:38","slug":"elles-et-lui-ambre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2024\/01\/21\/elles-et-lui-ambre\/","title":{"rendered":"Elles et lui\u00a0: Ambre"},"content":{"rendered":"\n<p>J\u2019ai connu Ambre dans un cours de tango. Elle \u00e9tait mod\u00e9r\u00e9ment grande, la taille id\u00e9ale pour moi \u2014 je peux danser avec des petites, mais au prix d\u2019un suppl\u00e9ment d\u2019effort et d\u2019un enlacement moins confortable. Elle \u00e9tait mince, avec un visage altier qui intimidait la plupart des gar\u00e7ons. Elle aimait les perfectos, les jeans moulants et les bottes de cuir. Une valkyrie brune, avec des yeux qui ne cillaient pas, surmont\u00e9s de sourcils nets et s\u00e9v\u00e8res. M\u00eame son sourire \u00e9tait un brin carnassier, pr\u00eat \u00e0 mordre. Elle \u00e9tait \u00e9tudiante en histoire et militante permanente de toute sorte de causes modernes. J\u2019\u00e9tais timide, empot\u00e9 et totalement na\u00eff. Il ne me serait pas venu \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019esquisser une tentative de quoi que ce soit d\u2019\u00e9quivoque avec cette amazone arm\u00e9e d\u2019id\u00e9ologies de cat\u00e9gorie D (poignards et matraques) et d\u2019un intellect de cat\u00e9gorie A (fusils et armes de guerre).<\/p>\n\n\n\n<p>Heureusement, la danse est un monde inalt\u00e9r\u00e9, non-verbal, instinctif, o\u00f9 m\u00eame les gar\u00e7ons timor\u00e9s et les guerri\u00e8res de la justice sociale retournent spontan\u00e9ment \u00e0 leur nature sexu\u00e9e. Je commen\u00e7ais \u00e0 ma\u00eetriser un peu mon r\u00f4le d\u2019homme, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et elle avait moins d\u2019exp\u00e9rience sur les parquets. Les seins cal\u00e9s sur ma poitrine, elle acceptait l\u2019enlacement sans formalit\u00e9s et se laissait guider avec satisfaction. Entre les chansons, je t\u00e2chais de ne rien dire de politiquement incorrect. De toute fa\u00e7on, je n\u2019\u00e9tais gu\u00e8re bavard. L\u2019exp\u00e9rience du tango, physique, \u00e9motionnelle et sensuelle, parvenait \u00e0 faire taire en moi la voix int\u00e9rieure qui bavasse toute la journ\u00e9e des pens\u00e9es inutiles et d\u00e9primantes. J\u2019\u00e9tais content de danser avec n\u2019importe qui, du moment que la partenaire fut capable de suivre la musique et mon guidage \u2014 ou au moins de me faire confiance. Je pouvais aussi \u00e9changer les r\u00f4les, mais les filles n\u2019aiment pas trop cela, quel que soit leur d\u00e9sir proclam\u00e9 de \u00ab&nbsp;d\u00e9construire les r\u00f4les de genre&nbsp;\u00bb. Ambre \u00e9tait une partenaire de danse parmi tant d\u2019autres, avec une assez bonne note globale selon mon estimation personnelle. Nous nous fr\u00e9quentions comme nous fr\u00e9quentions d\u2019autres danseurs et danseuses&nbsp;: souvent dans l\u2019univers parall\u00e8le du bal, peu en dehors.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait \u00e0 nouveau l\u2019\u00e9t\u00e9, et je n\u2019\u00e9tais pas plus malin qu\u2019avant. Une seule chose avait chang\u00e9&nbsp;: apr\u00e8s un \u00e9chec douloureux je m\u2019\u00e9tais promis que, d\u00e9sormais, je ferais au moins des tentatives de tentatives, quoi qu\u2019il m\u2019en co\u00fbte psychologiquement, et duss\u00e9-je essuyer les refus les plus cinglants. Il faisait beau. Les bals en plein air tournaient \u00e0 plein. Les jupes rempla\u00e7aient les pantalons. Je trouvais Ambre fort jolie. Je lui proposais d\u2019aller danser \u00e0 tel bal, puis \u00e0 tel autre, puis \u00e0 tel autre\u2026 Elle vint \u00e0 chaque fois. Aucun lapin. Toujours pr\u00eate. Son aura glaciale semblait ti\u00e9dir sous le soleil. J\u2019avais envie de sa peau.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une apr\u00e8s-midi de danse, nous sommes all\u00e9s nous promener dans un grand parc. Ambre commentait les parterres de fleurs que nous croisions. Je me disais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je DOIS lui dire avant qu\u2019on atteigne l\u2019autre bout du parc&nbsp;! Bon sang, elle n\u2019arr\u00eate pas de parler, je ne vais jamais arriver \u00e0 en placer une. Et voil\u00e0 la sortie qui approche&#8230;&nbsp;\u00bb La bouche s\u00e8che, je finis par bredouiller un truc lamentable, genre&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai, heu\u2026 j\u2019ai envie de toi et, heu\u2026 est-ce que tu voudrais bien, heu&#8230; sortir avec moi&nbsp;?&nbsp;\u00bb Z\u00e9ro po\u00e9sie, z\u00e9ro aisance, excitant comme un formulaire administratif. Interloqu\u00e9e, l\u2019Ath\u00e9na des sciences humaines me fixa de son regard d\u2019acier. Je m\u2019attendais \u00e0 tout, surtout au pire. Elle se tut. Nous repr\u00eemes notre marche dans le parc. Puis dans la rue. Puis dans l\u2019arrondissement d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Puis dans un autre parc, plus grand. Silence. Ne sachant mieux \u2014 mais conscient de la n\u00e9cessit\u00e9 pour l\u2019homme moderne d\u2019obtenir le consentement explicite d\u2019une femme avant tout geste intime, fut-ce un baiser, je lui demandais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Est-ce que je peux t\u2019embrasser&nbsp;?&nbsp;\u00bb (Je n\u2019invente pas. Oui, j\u2019ai honte. En plus d\u2019\u00eatre une nouille, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 bien conditionn\u00e9, voyez-vous&nbsp;?) Elle me dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Oui\u2026 \u00bb sur le ton tra\u00eenant de la fille qui attend depuis VINGT MINUTES, BORDEL&nbsp;! que le gar\u00e7on l\u2019embrasse fougueusement dans un \u00e9lan d\u2019audace virile et de d\u00e9sir irr\u00e9pressible, comme dans les films, m\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019orage et de poursuivants \u00e0 nos trousses. Je lui roulais un patin maladroit (\u00e9videmment) et elle me prit par la main. C\u2019est ainsi que notre relation commen\u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Ambre habitait un petit appartement confortable, qui devint notre lieu de rendez-vous d\u00e8s qu\u2019elle eu vu ma studette minable. Elle travaillait dur sur sa th\u00e8se, et fixa donc de strictes limites temporelles \u00e0 nos rencontres&nbsp;: de samedi jusqu\u2019\u00e0 dimanche mais pas trop tard, sans pr\u00e9juger de possibles annulations. \u00c0 vos ordres, Madame. Elle dressa \u00e9galement une liste de choses \u00e0 ne pas faire avec elle, que je m\u2019astreignis \u00e0 apprendre par c\u0153ur et \u00e0 tenir \u00e0 jour scrupuleusement. Par exemple, elle me fit tout de suite savoir qu\u2019elle n\u2019aimait pas la fess\u00e9e. Elle ne voulait pas non plus qu\u2019on lui tripote les seins. Pourtant, dans nos \u00e9bats, une fois atteint un certain niveau d\u2019amusement, ses mains guidaient les miennes vers ses nichons sculpturaux. Aujourd\u2019hui, l\u2019exp\u00e9rience m\u2019ayant rendu moins nigaud, je devine que son insistance sur la fess\u00e9e invitait \u00e0 la transgression, plut\u00f4t qu\u2019au respect. Malgr\u00e9 mon extr\u00eame prudence dans mes gestes comme dans ma conversation, j\u2019ai pass\u00e9 des moments tr\u00e8s heureux entre les bras et les jambes (magnifiques) d\u2019Ambre. Elle mettait beaucoup d\u2019entrain dans les jeux sexuels, et avait m\u00eame quelques pi\u00e8ces de lingerie bien trop coquines pour une f\u00e9ministe r\u00e9prouvant \u00ab&nbsp;l\u2019objectification du corps des femmes&nbsp;\u00bb. Elle \u00e9tait tr\u00e8s belle. Parfois, la nuit, je la contemplais dans la lumi\u00e8re de la pleine lune. Le sommeil effa\u00e7ait de ses traits l\u2019indignation militante qu\u2019elle \u00e9prouvait sans cesse durant l\u2019\u00e9veil. P\u00e2le comme un gisant de marbre \u2014 n\u00e9 des mains de Canova ou de Rodin, pas moins \u2014 elle aurait parfaitement incarn\u00e9 une elfe guerri\u00e8re dans le monde de Tolkien. Elle \u00e9tait sur le point d\u2019avoir trente ans. Quelques mois pass\u00e8rent, \u00e0 toute vitesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis arriv\u00e9 en retard. Elle m\u2019avait donn\u00e9 rendez-vous dans un caf\u00e9, au lieu de son appartement. Toujours niais, je ne m\u2019\u00e9tais m\u00eame pas demand\u00e9 pourquoi. Seuls quelques neurones dans les couches primitives de mon cerveau flairaient quelque chose de suspect. Je me suis assis sur la banquette et j\u2019ai pos\u00e9 ma main sur sa hanche (oui, \u00e0 ce stade je ne demandais plus). Elle me dit d\u2019enlever ma main, ce que je fis instantan\u00e9ment. Puis elle m\u2019expliqua qu\u2019il fallait qu\u2019on se quitte parce qu\u2019elle avait trop de travail avec sa th\u00e8se et qu\u2019elle ne voulait pas me faire souffrir. Pour ma part, je ne souffrais aucunement de la voir ponctuellement pour une partie de jambes en l\u2019air. Je pris acte imm\u00e9diatement de la s\u00e9paration, sans trop d\u2019\u00e9motions. Je pris un caf\u00e9, elle reprit un th\u00e9 (elle m\u2019avait longuement attendu). Nous convers\u00e2mes comme si de rien n\u2019\u00e9tait. Puis elle eut besoin de pisser. J\u2019en profitais pour payer toutes les consommations. Gentleman jusqu\u2019au bout. Nous nous d\u00eemes au revoir et, soudain, elle se mit \u00e0 sangloter comme une petite fille, en me r\u00e9p\u00e9tant que j\u2019\u00e9tais \u00ab&nbsp;un type bien&nbsp;\u00bb. J\u2019\u00e9tais flatt\u00e9. Je ne savais pas encore que les hommes visc\u00e9ralement attirants pour les femmes sont tout <em>sauf<\/em> des \u00ab&nbsp;types bien&nbsp;\u00bb. Je me suis promen\u00e9 dans Paris, dans un m\u00e9lange confus de regret et de soulagement. J\u2019\u00e9tais libre, il faisait beau. Tout de m\u00eame, j\u2019aurais bien aim\u00e9 prolonger nos galipettes.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>J\u2019ai revu Ambre quelques ann\u00e9es plus tard. Elle approchait de la quarantaine. Elle avait maigri. Apr\u00e8s notre rupture, elle avait travaill\u00e9 d\u2019arrache-pied sur sa th\u00e8se, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, interminablement\u2026 et ne l\u2019avait pas termin\u00e9e. \u00c0 cours d\u2019argent, endett\u00e9e aupr\u00e8s de sa famille et redevable de la bourse qu\u2019elle avait re\u00e7ue pour effectuer cette th\u00e8se jamais livr\u00e9e, elle avait pris des petits boulots de secr\u00e9tariat. Puis elle avait trouv\u00e9 un minuscule poste administratif en contrat \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, dans une association de promotion des fromages de ch\u00e8vre rh\u00f4nalpins financ\u00e9e par le conseil r\u00e9gional et la f\u00e9d\u00e9ration des \u00e9leveurs de ch\u00e8vres fromagers. Elle vivotait d\u00e9sormais en Ard\u00e8che, en colocation, dans un hameau inconnu des GPS. L\u00e0, au moins, elle pouvait \u00e0 nouveau manger \u00e0 sa faim.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9tais sci\u00e9 d\u2019apprendre la suite de son histoire. Elle qui semblait autrefois si volontaire, b\u00fbcheuse, et d\u00e9j\u00e0 dot\u00e9e d\u2019un solide bagage universitaire\u2026 Elle s\u2019\u00e9tait d\u00e9gonfl\u00e9e&nbsp;! Bilan de toutes ces ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes et de doctorat&nbsp;: rien. Sa vision du monde \u00e9tait cependant rest\u00e9e militante. Elle voyait toujours dans les difficult\u00e9s des uns et des autres la main t\u00e9n\u00e9breuse du patriarcat, du capitalisme et du fascisme. Elle louait encore les vertus de la S\u00e9curit\u00e9 Sociale et l\u2019h\u00e9ro\u00efsme empreint de saintet\u00e9 d\u2019Ambroise Croizat et ses camarades. Le Grand Soir viendrait s\u00fbrement un jour, pourvu que la lutte continue et que la foi communiste renaisse en s\u2019hybridant \u00ab&nbsp;d\u2019intersectionnalit\u00e9&nbsp;\u00bb. Je me demandais en silence quelle contribution elle avait apport\u00e9 au syst\u00e8me social, en quasiment deux d\u00e9cennies d\u2019\u00e2ge adulte presque exemptes d\u2019activit\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e. Pas de carri\u00e8re, pas d\u2019\u00e9pargne, aucune chance d\u2019avoir un jour le compte de trimestres pour la retraite \u2014 m\u00eame en revenant aux conditions les plus g\u00e9n\u00e9reuses de pensionnement, celles que les m\u00e9chants avaient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9form\u00e9 plusieurs fois depuis le d\u00e9but de ce si\u00e8cle. Elle n\u2019avait rien fichu de productif de sa vie. Elle ne s\u2019\u00e9tait m\u00eame pas souci\u00e9e de son propre avenir. Et je me rappelais soudain le th\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral de sa th\u00e8se&nbsp;: <em>le travail&nbsp;!<\/em> J\u2019ai failli pouffer de rire, mais la tristesse m\u2019a retenue. Aucun gar\u00e7on ne peut se permettre ce niveau d\u2019insouciance personnelle. Chacun de nous, m\u00eame le plus feignant, sait qu\u2019il doit se d\u00e9merder dans la vie. Personne ne nous \u00e9pousera pour nous loger, nous nourrir, nous faire des cadeaux et des gosses. C\u2019est un privil\u00e8ge f\u00e9minin. \u00c0 propos de faire des enfants, comme <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2021\/04\/29\/35-ans-la-falaise-de-la-fertilite\/\">la fertilit\u00e9 fiche le camp au cours de la trentaine<\/a> et simultan\u00e9ment <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2021\/12\/19\/quest-ce-que-la-valeur-sur-le-marche-sexuel\/\">la d\u00e9sirabilit\u00e9 sexuelle<\/a>, les options d\u2019Ambre \u00e9taient en train de se r\u00e9duire \u00e0 toute vitesse. Ses \u0153ill\u00e8res id\u00e9ologiques la pr\u00e9servaient encore de contempler le resserrement de son destin.<\/p>\n\n\n\n<p>Je comprenais mieux ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 presque dix ans plus t\u00f4t\u00a0: malgr\u00e9 la litanie de l\u2019\u00e9mancipation f\u00e9minine, les revendications \u00e9galitaristes et le rejet des \u00ab\u00a0st\u00e9r\u00e9otypes oppressifs\u00a0\u00bb, Ambre \u00e9tait incapable de d\u00e9cider quoi que ce soit pour elle-m\u00eame, et encore moins de prendre <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2021\/09\/24\/pourquoi-les-francaises-ne-font-pas-le-premier-pas\/\">une initiative dans sa vie affective<\/a>. \u00c0 Paris elle avait accept\u00e9 mes avances balourdes parce que j\u2019\u00e9tais le seul gar\u00e7on \u00e0 oser essayer. Tout simplement. \u00c0 pr\u00e9sent, ce dont elle avait besoin c\u2019\u00e9tait d\u2019un gars culott\u00e9 qui l\u2019emm\u00e8ne au bal, lui fasse la cour sans se d\u00e9monter, la culbute joyeusement (avec ou sans fess\u00e9e) et exige de lui faire un enfant rapidement. Un miracle, rien de moins, qu\u2019elle accepterait en geignant un peu sur la domination des hommes et le r\u00f4le maternel assign\u00e9 aux femmes. Elle serait sauv\u00e9e de la mis\u00e8re et heureuse. Dans un autre temps, elle aurait m\u00eame eu le choix entre deux solutions\u00a0: le mariage ou <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2023\/04\/10\/nous-avons-defait-leurs-traditions-nous-avons-defait-leur-foi\/\">le couvent<\/a>. Elle aurait fait une excellente et redoutable abbesse.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai eu quelques nouvelles d\u2019Ambre, r\u00e9cemment. Elle a un copain, un chevrier. Vu la solitude des agriculteurs dans le fin fond de la campagne, le gars doit \u00eatre fou de joie et se plier en quatre pour elle. Il a d\u00fb apprendre par c\u0153ur la liste des trucs qu\u2019il ne faut pas lui faire et se retient de lui tripoter les nichons et de lui mettre une fess\u00e9e. Elle n\u2019a pas voulu quitter sa coloc\u2019 pour vivre en permanence avec son homme, cette idiote, mais \u00e7a viendra quand elle manquera d\u2019argent. Pas d\u2019enfant en vue, mais elle s\u2019extasie sur la naissance des chevreaux. Je suis content pour elle. Avouez que \u00e7a a une autre gueule que finir dans une chambre de bonne parisienne, seule avec un chat&nbsp;! Si leur relation dure, elle apprendra \u00e0 faire le <em>picodon<\/em>, le fromage de ch\u00e8vre local. Ainsi elle aura finalement travaill\u00e9 et contribu\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de la fa\u00e7on la plus traditionnelle qui soit&nbsp;: en tenant le r\u00f4le d\u2019une \u00e9pouse. J\u2019esp\u00e8re que personne ne lui dira qu\u2019elle incarne d\u00e9sormais une certaine id\u00e9e r\u00e9actionnaire de la femme, \u00e7a pourrait tout faire rater. Quel parcours fascinant&nbsp;! Elle est pass\u00e9e directement des id\u00e9ologies hors-sol au retour \u00e0 la terre&nbsp;! Quel g\u00e2chis aussi. Elle m\u00e9ritait mieux&nbsp;: na\u00eetre dans une \u00e9poque moins cruellement lib\u00e9rale, plus familiale et plus aimante. Et une bonne fess\u00e9e.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019ai connu Ambre dans un cours de tango. Elle \u00e9tait mod\u00e9r\u00e9ment grande, la taille id\u00e9ale pour moi \u2014 je peux danser avec des petites, mais au prix d\u2019un suppl\u00e9ment d\u2019effort et d\u2019un enlacement moins confortable. Elle \u00e9tait mince, avec un visage altier qui intimidait la plupart des gar\u00e7ons. 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