{"id":2198,"date":"2024-04-19T11:14:57","date_gmt":"2024-04-19T09:14:57","guid":{"rendered":"https:\/\/leseffrontes.fr\/?p=2198"},"modified":"2025-11-16T15:31:06","modified_gmt":"2025-11-16T14:31:06","slug":"le-temps-pour-soi-seule-ou-accompagnee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2024\/04\/19\/le-temps-pour-soi-seule-ou-accompagnee\/","title":{"rendered":"Le temps pour soi\u00a0: seule ou accompagn\u00e9e\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p>J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9 de <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2022\/01\/10\/lecart-de-temps-de-travail-entre-les-hommes-et-les-femmes\/\">la diff\u00e9rence de temps de travail entre hommes et femmes<\/a> et du <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2023\/10\/15\/a-qui-profite-le-travail-domestique\/\">travail domestique<\/a>, mais je ne peux m\u2019emp\u00eacher d\u2019y revenir tant l\u2019absurdit\u00e9 du discours contemporain sur ces sujets me fascine. Comment le temps que l\u2019on consacre a sa <em>propre<\/em> maison et ses <em>propres<\/em> enfants peut-il \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 un emploi attendant une r\u00e9mun\u00e9ration&nbsp;? Qui donc serait l\u2019employeur ou le client d\u00e9sormais pri\u00e9 de payer cette r\u00e9mun\u00e9ration&nbsp;? Et en \u00e9change de quoi&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le formidable livre <em>Les Trente Glorieuses<\/em>, de Jean Fourasti\u00e9, je me suis arr\u00eat\u00e9 sur ce tableau&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<figure data-wp-context=\"{&quot;imageId&quot;:&quot;69f70eb6f1473&quot;}\" data-wp-interactive=\"core\/image\" data-wp-key=\"69f70eb6f1473\" class=\"wp-block-image size-large wp-lightbox-container\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"418\" data-wp-class--hide=\"state.isContentHidden\" data-wp-class--show=\"state.isContentVisible\" data-wp-init=\"callbacks.setButtonStyles\" data-wp-on--click=\"actions.showLightbox\" data-wp-on--load=\"callbacks.setButtonStyles\" data-wp-on-window--resize=\"callbacks.setButtonStyles\" src=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/budget_temps_dans_les_menages_urbains_1958_1971-1024x418.jpg\" alt=\"Budget-temps dans les m\u00e9nages urbains d'apr\u00e8s les enqu\u00eates 1958 et 1971\" class=\"wp-image-2199\" title=\"Budget-temps dans les m\u00e9nages urbains d'apr\u00e8s les enqu\u00eates 1958 et 1971\" srcset=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/budget_temps_dans_les_menages_urbains_1958_1971-1024x418.jpg 1024w, https:\/\/leseffrontes.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/budget_temps_dans_les_menages_urbains_1958_1971-300x123.jpg 300w, https:\/\/leseffrontes.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/budget_temps_dans_les_menages_urbains_1958_1971-768x314.jpg 768w, https:\/\/leseffrontes.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/budget_temps_dans_les_menages_urbains_1958_1971.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><button\n\t\t\tclass=\"lightbox-trigger\"\n\t\t\ttype=\"button\"\n\t\t\taria-haspopup=\"dialog\"\n\t\t\taria-label=\"Agrandir\"\n\t\t\tdata-wp-init=\"callbacks.initTriggerButton\"\n\t\t\tdata-wp-on--click=\"actions.showLightbox\"\n\t\t\tdata-wp-style--right=\"state.imageButtonRight\"\n\t\t\tdata-wp-style--top=\"state.imageButtonTop\"\n\t\t>\n\t\t\t\n<svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"12\" height=\"12\" fill=\"none\" viewBox=\"0 0 12 12\">\n\t\t\t\t<path fill=\"#fff\" d=\"M2 0a2 2 0 0 0-2 2v2h1.5V2a.5.5 0 0 1 .5-.5h2V0H2Zm2 10.5H2a.5.5 0 0 1-.5-.5V8H0v2a2 2 0 0 0 2 2h2v-1.5ZM8 12v-1.5h2a.5.5 0 0 0 .5-.5V8H12v2a2 2 0 0 1-2 2H8Zm2-12a2 2 0 0 1 2 2v2h-1.5V2a.5.5 0 0 0-.5-.5H8V0h2Z\" \/>\n\t\t\t<\/svg>\n\t\t<\/button><\/figure>\n\n\n\n<p>Il en ressort que dans le couple tr\u00e8s traditionnel des ann\u00e9es 1950, et encore dans celui des ann\u00e9es 1970, le type d\u2019individu qui a le plus de temps pour soi est\u2026 la <em>femme au foyer<\/em>. Pas l\u2019homme. Pas la femme \u00e9mancip\u00e9e par le travail. La grande gagnante est la \u00ab\u00a0ma\u00eetresse de maison\u00a0\u00bb (comme on disait autrefois) quand elle n\u2019a pas d\u2019enfant, et \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec l\u2019homme quand elle en a. \u00ab\u00a0Ma\u00eetresse de maison\u00a0\u00bb, cela sonne mieux que \u00ab\u00a0femme au foyer\u00a0\u00bb et dit quelque chose de <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2024\/06\/22\/les-hommes-et-les-femmes-dici\/\">l\u2019\u00e9quilibre des pouvoirs entre homme et femme dans la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle<\/a>. L\u2019homme est certes le chef de la famille et son moteur \u00e9conomique, mais son \u00e9pouse est la ma\u00eetresse de la maison et il a int\u00e9r\u00eat \u00e0 mettre les patins en rentrant s\u2019il ne veut pas se faire appeler Arthur (comme on disait aussi).<\/p>\n\n\n\n<p>Jean, qui est d\u00e9j\u00e0 un homme d\u2019un autre temps quand il \u00e9crit ce livre (il a 72 ans en 1979), n\u2019\u00e9tait embarrass\u00e9 d\u2019aucune des \u0153ill\u00e8res id\u00e9ologiques de la R\u00e9volution sexuelle. Il faisait spontan\u00e9ment le m\u00eame constat&nbsp;: sous l\u2019angle du temps libre, ma\u00eetresse de maison, c\u2019est la situation id\u00e9ale&nbsp;! La possibilit\u00e9 d\u2019un <em>ma\u00eetre de maison<\/em> ou d\u2019un <em>homme au foyer<\/em> n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas pensable, pouvoir \u00e9chapper au march\u00e9 du travail \u00e9tant un privil\u00e8ge f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les femmes qui ont un travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 hors du foyer, font en plus 4 \u00e0 5 heures de travail dans leur foyer&nbsp;; cela change peu la dur\u00e9e de leur sommeil et de leur \u00ab&nbsp;temps personnel&nbsp;\u00bb (repas, toilette), mais fait tomber \u00e0 tr\u00e8s peu leurs loisirs, compte tenu du temps qui leur est n\u00e9cessaire pour se rendre \u00e0 leur travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Les femmes qui sont ma\u00eetresses de maison \u00e0 temps complet ont au contraire de 4 \u00e0 7 heures de loisirs par jour ouvrable. Autrement dit encore, pour qu\u2019une femme ait au moins autant de loisirs quotidiens que son mari, il suffit qu\u2019elle n\u2019ait pas d\u2019emploi hors de son foyer.<\/p>\n<cite> Jean Fourasti\u00e9, <em>Les Trente Glorieuses<\/em>, 1979<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Jean n\u2019\u00e9tait nullement insensible \u00e0 la \u00ab&nbsp;charge mentale des femmes&nbsp;\u00bb (comme on ne disait pas). Bien au contraire, le rem\u00e8de lui paraissait \u00e9vident&nbsp;: il suffisait qu\u2019elles travaillent moins ou pas du tout, puisque le niveau de vie permis au couple par le revenu de leur mari le leur permettait bien mieux qu\u2019autrefois.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il n\u2019en est pas moins certain que le travail professionnel \u00e0 plein temps conduit la femme mari\u00e9e, m\u00eame sans enfant, et <em>a fortiori<\/em> avec enfants, \u00e0 un surmenage dangereux, non seulement par rapport \u00e0 son mari, mais encore de mani\u00e8re absolue. On ne sait pas tr\u00e8s bien expliquer, dans ces conditions, la croissance des taux d\u2019activit\u00e9 professionnelle des femmes mari\u00e9es&nbsp;; normalement, la croissance du niveau de vie aurait d\u00fb s\u2019accompagner d\u2019une r\u00e9duction de ces taux d\u2019activit\u00e9s&nbsp;; or, ils se sont beaucoup \u00e9lev\u00e9s depuis 1946. Les enqu\u00eates d\u2019opinion, loin d\u2019\u00e9clairer le probl\u00e8me, en montrent l\u2019obscurit\u00e9. \u00c0 la question \u00ab&nbsp;Pourquoi travaillez-vous (ou d\u00e9sirez-vous travailler) hors de votre foyer&nbsp;?&nbsp;\u00bb la r\u00e9ponse majoritaire est en effet&nbsp;: \u00ab&nbsp;parce que l\u2019on ne peut pas vivre&nbsp;\u00bb avec un seul salaire, un seul salaire donne un niveau de vie trop faible au foyer&nbsp;! L\u2019\u00e9tonnant est que cette r\u00e9ponse soit donn\u00e9e par des femmes de cadres sup\u00e9rieurs comme par des femmes d\u2019ouvriers \u2014 et qu\u2019elle soit donn\u00e9e par des femmes dont la m\u00e8re et la grand-m\u00e8re n\u2019avaient qu\u2019un niveau de vie trois ou cinq fois plus faible et pourtant se donnaient tout enti\u00e8res \u00e0 leurs enfants et \u00e0 leur foyer.<\/p>\n<cite> <em>Ibid<\/em>.<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1960 et jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment, les mentalit\u00e9s n\u2019ont cess\u00e9 de diverger du mod\u00e8le du couple traditionnel, pr\u00e9-R\u00e9volution sexuelle&nbsp;: mari\u00e9s pour la vie (sauf raison s\u00e9rieuse), Monsieur assurant l\u2019essentiel de l\u2019\u00e9conomie externe du foyer, Madame g\u00e9rant l\u2019\u00e9conomie interne, r\u00e9gnant sur sa maison et accomplissant cette t\u00e2che fondamentale de la vie humaine, l\u2019\u00e9levage des jeunes enfants. \u00c0 la place, une femme moderne se doit d\u2019\u00eatre une battante sur tous les fronts, parfois en couple, parfois non, avec des enfants ou pas, mais jamais d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 autre chose que ses d\u00e9sirs individuels. \u00c0 la longue, \u00e7a fatigue\u2026 mais pas question de renoncer. Et voici que point \u00e0 l\u2019horizon un personnage que l\u2019on croyait d\u00e9funt&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9pouse traditionnelle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">C\u00e9libattantes contre tradasses<\/h2>\n\n\n\n<p>La presse, toujours sur le front pour informer le public avant tout le monde, vient de d\u00e9couvrir les <em>trad-wives<\/em> (en bon fran\u00e7ais&nbsp;: <em>tradasses<\/em>). Ce sont des \u00ab&nbsp;influenceuses&nbsp;\u00bb qui ont choisi de se filmer en robe \u00e0 fleurs, en train de pr\u00e9parer une tarte aux pommes, plut\u00f4t qu\u2019en bikini, en train de se faire tatouer. Les deux niches de march\u00e9 sont juste des variantes \u00e9galement destin\u00e9e \u00e0 tirer des flux de revenus de la poche des couillons frustr\u00e9s. C\u2019est ce que souligneraient les journalistes si elles se pr\u00e9occupaient d\u2019avertir leurs lecteurs de l\u2019avidit\u00e9 sans scrupules des jolies jeunes femmes \u00e0 gros n\u00e9n\u00e9s. Mais non. Elles font semblant de prendre le truc au s\u00e9rieux. Elles aussi sont des influenceuses et ont besoin d\u2019audience. Le pipeau fait de l\u2019audience, l\u2019honn\u00eatet\u00e9 beaucoup moins.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour d\u00e9noncer le \u00ab&nbsp;ph\u00e9nom\u00e8ne&nbsp;\u00bb des tradasses, \u00ab&nbsp;caricatural&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;sexiste&nbsp;\u00bb, un article du Parisien convoque de <em>vraies<\/em> femmes au foyer, sans robe \u00e0 fleurs ni tarte aux pommes. T\u00e9moignage&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Je ne le suis pas du tout [soumise] mais c\u2019est quand m\u00eame l\u2019image que je renvoie aux autres, j\u2019en ai bien conscience. Pour une raison simple&nbsp;: je suis d\u00e9pendante financi\u00e8rement de mon mari&nbsp;\u00bb, explique la trentenaire qui garde un \u0153il sur sa fille de 6 ans, un autre sur ses jumeaux de 2 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 leur naissance que cette ancienne infirmi\u00e8re de bloc a arr\u00eat\u00e9 de travailler. \u00ab&nbsp;Ce n\u2019\u00e9tait pas un choix. Presque l\u2019\u00e9quivalent de mon salaire passait en frais de garde alors \u00e0 quoi bon&nbsp;! Mais je r\u00e9alise bien que j\u2019aurai une retraite ridicule, m\u00eame si j\u2019envisage un jour de reprendre la blouse. Et si mon informaticien de mari me quitte, je suis dans la panade&nbsp;\u00bb, conc\u00e8de-t-elle.<\/p>\n<cite> Christine Mateus, \u00ab&nbsp;\u201cCaricatural\u201d, \u201csexiste\u201d&nbsp;: le ph\u00e9nom\u00e8ne \u201ctradwife\u201d tanc\u00e9 par les femmes au foyer&nbsp;\u00bb, Le Parisien, 2024<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et bien, il me semble que cette femme au foyer moderne est engag\u00e9e dans une vie de famille tout \u00e0 fait semblable \u00e0 celle des ma\u00eetresses de maison des ann\u00e9es 1950&nbsp;: Monsieur produit les revenus du couple, Madame a tout le temps d\u2019\u00e9lever ses enfants, s\u2019occuper de sa maison et en prendre pour elle. Seul point d\u2019inqui\u00e9tude&nbsp;: la fid\u00e9lit\u00e9 matrimoniale de Monsieur n\u2019est plus encourag\u00e9e par les convenances sociales, ni par la l\u00e9gislation sur le divorce \u2014 depuis que la libert\u00e9 de ne jamais s\u2019engager s\u00e9rieusement est devenue une aspiration essentielle de notre soci\u00e9t\u00e9. Madame se trompe cependant, en affirmant que \u00ab&nbsp;ce n\u2019\u00e9tait pas un choix&nbsp;\u00bb. Elle n\u2019\u00e9tait nullement oblig\u00e9e d\u2019avoir des enfants et aurait pu rester parmi les c\u00e9libattantes. \u00c9lever un enfant seule, sur son propre salaire, aurait \u00e9t\u00e9 difficile, en avoir trois aurait \u00e9t\u00e9 infernal. Le mari aimant et bosseur est donc la <em>solution<\/em> id\u00e9ale&nbsp;: c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ses efforts qu\u2019elle peut disposer de son temps pour elle-m\u00eame et sa prog\u00e9niture plut\u00f4t que de le vendre \u00e0 un employeur. J\u2019esp\u00e8re que Monsieur re\u00e7oit r\u00e9guli\u00e8rement des c\u00e2lins tendres et empress\u00e9s, il le m\u00e9rite.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais aux yeux des journalistes, des autrices et des militantes \u2014 des battantes, sans nul doute \u2014 les m\u00e9rites du foyer traditionnel demeurent invisibles. \u00c0 la place de cette organisation efficace de la famille, il leur faudrait\u2026 une sorte d\u2019employeur\u2026 qui les paieraient \u00e0 s\u2019occuper d\u2019elles-m\u00eames, de leur logement, de leur \u00e9ventuel enfant et de leur in\u00e9luctable chat. Mais surtout pas un mari, c\u2019est \u00ab&nbsp;oppressif&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Chauffeur, prof particulier, employ\u00e9e de m\u00e9nage, animatrice, cuisini\u00e8re\u2026 Une \u00e9tude [&#8230;], a calcul\u00e9 que si le travail des m\u00e8res au foyer \u00e9tait r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, elles devraient percevoir un salaire mensuel de 6.400 euros, soit entre 4 et 5 fois le SMIC.<\/p>\n<cite> <em>Ibid.<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ayant fait le m\u00eame calcul dans <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2023\/10\/15\/a-qui-profite-le-travail-domestique\/\">un billet r\u00e9cent<\/a>, je peux dire que l\u2019\u00e9tude se trompe de beaucoup&nbsp;: j\u2019arrive \u00e0 2.500\u20ac de valeur marchande \u00e9quivalente pour le travail domestique de la femme dans un couple moyen (et 1.600\u20ac pour l\u2019homme). J\u2019ai \u00e9galement expliqu\u00e9 dans le billet pourquoi m\u00eame ces chiffres sont largement sur\u00e9valu\u00e9s. Ce qu\u2019ils mettent en \u00e9vidence, cependant, c\u2019est qu\u2019on vit bien mieux \u00e0 deux, en se r\u00e9partissant \u00ab&nbsp;in\u00e9galement&nbsp;\u00bb mais efficacement le travail interne et externe au foyer, plut\u00f4t qu\u2019en cavalant du boulot \u00e0 la cr\u00e8che, puis de la sup\u00e9rette \u00e0 l\u2019appartement, puis du lit au boulot, et ainsi de suite jour apr\u00e8s jour. La valeur marchande attribu\u00e9e au travail domestique est une <em>\u00e9conomie<\/em> r\u00e9alis\u00e9e par les membres du couple qui leur permet d\u2019atteindre <em>ensemble<\/em> un niveau de vie sup\u00e9rieur pour eux-m\u00eames et leurs enfants. Elle ne repr\u00e9sente nullement un gain possible pour la femme r\u00e9solue au c\u00e9libat&nbsp;; elle mesure juste l\u2019impossibilit\u00e9 de surpasser la famille comme unit\u00e9 de base de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La distance qui s\u00e9pare la c\u00e9libattante de la tradasse n\u2019est pas si grande. L\u2019une r\u00e9clame d\u2019\u00eatre assist\u00e9e-subventionn\u00e9e-prot\u00e9g\u00e9e comme si elle avait un mari, mais <em>sans<\/em> le bonhomme. L\u2019autre soup\u00e7onne qu\u2019elle pourrait bien obtenir ce confort et cette s\u00e9curit\u00e9 <em>avec<\/em> un mari, quand elle aura fini de plumer <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2023\/08\/17\/regle-de-fer-de-tomassi-n3\/\">les gentils canards<\/a> qui lui envoient de l\u2019argent en se paluchant sur ses vid\u00e9os. Je suis convaincu que l\u2019\u00e9mergence du personnage de la tradasse, pour l\u2019instant factice, est l\u2019annonce d\u2019un revirement dans l\u2019attitude collective des femmes vis-\u00e0-vis du couple. Dans dix ans, la g\u00e9n\u00e9ration des jeunes filles actuelles arrivera au sommet de sa vie fertile en ayant vu les conditions \u00e9conomiques se durcir, la tata-\u00e0-chat solitaire s\u2019aigrir, et en ayant regard\u00e9 beaucoup de vid\u00e9os sympathiques remplies de robes \u00e0 fleurs, de tartes aux pommes et d\u2019int\u00e9rieurs douillets et s\u00e9curisants. Elles voudront un mari. Il aura int\u00e9r\u00eat \u00e0 bien assurer \u00e9conomiquement et \u00e0 mettre les patins en rentrant, sinon il se fera appeler Arthur.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9 de la diff\u00e9rence de temps de travail entre hommes et femmes et du travail domestique, mais je ne peux m\u2019emp\u00eacher d\u2019y revenir tant l\u2019absurdit\u00e9 du discours contemporain sur ces sujets me fascine. 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