{"id":2729,"date":"2024-12-23T18:08:26","date_gmt":"2024-12-23T17:08:26","guid":{"rendered":"https:\/\/leseffrontes.fr\/?p=2729"},"modified":"2025-01-16T08:57:28","modified_gmt":"2025-01-16T07:57:28","slug":"tout-ce-que-vous-avez-besoin-de-savoir-sur-les-femmes-est-dans-les-romances-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2024\/12\/23\/tout-ce-que-vous-avez-besoin-de-savoir-sur-les-femmes-est-dans-les-romances-1\/","title":{"rendered":"Tout ce que vous avez besoin de savoir sur les femmes est dans les romances (1)"},"content":{"rendered":"\n<p>Cela fait un moment que je ne vous ai plus parl\u00e9 de <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/tag\/romance\/https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/tag\/romance\/\">romances<\/a>, ces fen\u00eatres ouvertes sur la psych\u00e9 f\u00e9minine que les hommes ignorent aveugl\u00e9ment. Coup de chance, j\u2019ai entre les mains un recueil de nouvelles publi\u00e9es par le magazine <em>Nous deux<\/em> entre 1957 et 2003. Voyons ce qu\u2019elles nous disent de l\u2019\u00e2me f\u00e9minine et, pour plus de r\u00e9alisme, essayons de les trouver passionnantes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le mauvais r\u00f4le (1957)<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire est narr\u00e9e par un personnage masculin&nbsp;: Alexis est comptable dans l\u2019entreprise o\u00f9 travaille la tr\u00e8s jolie Fanny, secr\u00e9taire du jeune et \u00e9l\u00e9gant sous-directeur R\u00e9gis. Le pauvre Alexis se meurt d\u2019amour inavou\u00e9 pour Fanny. H\u00e9las, il se sait bien moins s\u00e9duisant et entreprenant que R\u00e9gis, en plus d\u2019occuper un poste inf\u00e9rieur et moins r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Son tourment sentimental occupe toutes ses pens\u00e9es&nbsp;: il fonctionne exactement comme une h\u00e9ro\u00efne de romance.<\/p>\n\n\n\n<p>Et voil\u00e0 qu\u2019il apprend la rupture entre Fanny et R\u00e9gis \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire la rupture de <em>la cour<\/em> que faisait R\u00e9gis \u00e0 Fanny, car nous sommes dans les ann\u00e9es 1950&nbsp;: le sexe est rare avant le mariage, et plus encore son \u00e9vocation dans un magazine en vente libre. D\u00e9cid\u00e9 \u00e0 tenter sa chance avec l\u2019exquise secr\u00e9taire esseul\u00e9e, Alexis la suit et\u2026 la sauve du suicide&nbsp;! Dans la r\u00e9alit\u00e9, <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2023\/03\/12\/les-psychotherapies-sont-une-arnaque\/\">les hommes se suicident beaucoup plus souvent que les femmes<\/a>. Mais les femmes font plus de tentatives, alors disons que c\u2019est une sc\u00e8ne vaguement cr\u00e9dible. Bien s\u00fbr, il la raccompagne chez elle, respectueusement. Notez que ce personnage de jeune femme ordinaire (mais tr\u00e8s jolie) a un appartement et un emploi, et pensez-y la prochaine fois qu\u2019on essaye de vous faire croire que les Fran\u00e7aises de cette \u00e9poque \u00e9taient asservies successivement \u00e0 leur p\u00e8re et \u00e0 leur mari. Les braves gar\u00e7ons timides \u00e9taient, eux, d\u00e9j\u00e0 asservis au sexe f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u2014 Vous \u00eates un gentil gar\u00e7on Alexis&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond, cela ne suffisait-il pas \u00e0 mon bonheur que l\u2019on me trait\u00e2t de \u00ab&nbsp;gentil gar\u00e7on&nbsp;\u00bb&nbsp;? Que pouvais-je demander d\u2019autre&nbsp;?<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Puisque jusqu\u2019ici le pauvre Alexis pensait et agissait comme une h\u00e9ro\u00efne de romance, j\u2019anticipais que le r\u00e9cit prendrait le chemin d\u2019un d\u00e9nouement heureux pour lui&nbsp;: la belle Fanny prendrait conscience de la beaut\u00e9 int\u00e9rieure du petit comptable et, dans les deux derni\u00e8res pages, lui avouerait son d\u00e9sir fou de l\u2019\u00e9pouser, lui, de pr\u00e9f\u00e9rence au s\u00e9duisant, ais\u00e9 et dominant R\u00e9gis. \u00c7a prouve que je reste na\u00eff&nbsp;: j\u2019aurais d\u00fb sentir venir la suite. Ce couillon d\u2019Alexis s\u2019en va trouver R\u00e9gis et lui raconte tout. R\u00e9sultat&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Fanny Laurat est devenue Madame Boulais. Son mari a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 directeur de la succursale de Lyon. D\u2019ailleurs nous ne nous sommes plus jamais parl\u00e9 depuis la fameuse nuit [\u2026] Et, lorsque, certains jours de tristesse, je me dis que Fanny pense peut-\u00eatre \u00e0 moi et qu\u2019elle me consid\u00e8re \u2014 sait-on jamais&nbsp;! \u2014 comme l\u2019artisan de son jeune bonheur en murmurant \u00ab&nbsp;ce pauvre Alexis\u2026&nbsp;\u00bb Cette id\u00e9e, loin de me r\u00e9conforter, m\u2019humilie.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment&nbsp;! T\u2019es un cocu Alexis&nbsp;! Et encore&#8230; \u00c0 l\u2019\u00e9poque le terme \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 aux maris tromp\u00e9s, pas aux puceaux c\u00e9libataires ayant sacrifi\u00e9 leur propre d\u00e9sir \u00e0 celui d\u2019un rival et d\u2019une jolie gourde. C\u2019est <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2022\/04\/29\/jeanne-et-lalpha\/\">le r\u00f4le du gentil b\u00eata dans les romances<\/a>&nbsp;: faciliter la qu\u00eate hypergamique de l\u2019h\u00e9ro\u00efne. Et c\u2019est bien le r\u00f4le qui leur est assign\u00e9 par les femmes dans la r\u00e9alit\u00e9&nbsp;: confident et ami serviable pendant <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2023\/06\/26\/chronologie-de-lhypergamie\/\">les ann\u00e9es de f\u00eate, puis soutien \u00e9conomique et affectif<\/a> quand l\u2019alpha convoit\u00e9 s\u2019en est all\u00e9 conqu\u00e9rir un autre c\u0153ur et labourer un autre cul. Ce dernier acte est rarement mentionn\u00e9 dans les romances, il me semble.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ce mariage n\u2019aura pas lieu (1966)<\/h2>\n\n\n\n<p>La narratrice est la m\u00e8re d\u2019un jeune homme de 25 ans (orphelin de p\u00e8re), qui lui apprend soudainement son mariage imminent avec une jeune femme de 17 ans (orpheline de ses deux parents). Un mariage \u00e0 25 et 17 ans, cela nous para\u00eet surprenant en 2024 mais, sans \u00eatre fr\u00e9quent, \u00e7a devait \u00eatre passablement cr\u00e9dible en 1966. Que la m\u00e8re se sente en droit de vouloir emp\u00eacher cette union \u00e9tait \u00e9galement du domaine des choses acceptables. Tout finit bien cependant quand elle rencontre sa future et adorable bru. Auparavant, elle a eu tout le temps du trajet ferroviaire pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 leur situation&nbsp;: son cher petit a 25 ans tout de m\u00eame&nbsp;! On sait d\u00e8s les premi\u00e8res pages qu\u2019elle a perdu son mari \u00e0 18 ans, quelques mois avant la naissance du gar\u00e7on. Elle a donc 43 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sujet de cette nouvelle semble moins le mariage du fils que le vieillissement de la m\u00e8re \u2014 un ph\u00e9nom\u00e8ne angoissant pour les femmes en raison de <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2021\/12\/19\/quest-ce-que-la-valeur-sur-le-marche-sexuel\/\">leur perte de d\u00e9sirabilit\u00e9<\/a>. Cela justifie que l\u2019auteur ait donn\u00e9 \u00e0 ses personnages des \u00e2ges pr\u00e9coces&nbsp;: en situant la naissance du gar\u00e7on aux 18 ans de la m\u00e8re et en ne donnant que 17 ans \u00e0 la fianc\u00e9e, la narratrice se trouve vivre plusieurs \u00e9tapes importantes de la vie (mariage, veuvage, maternit\u00e9, mariage du fils et, \u00e0 l\u2019horizon, grand-maternit\u00e9) <em>avant<\/em> d\u2019atteindre un \u00e2ge ressenti comme trop m\u00fbr. Id\u00e9alement, les femmes aimeraient toujours \u00eatre dans la vingtaine, l\u2019\u00e2ge de fertilit\u00e9 et de d\u00e9sirabilit\u00e9 maximales&#8230; ou au moins \u00e9chapper au d\u00e9clin final de leur capacit\u00e9 d\u2019attraction, \u00e0 la m\u00e9nopause. Dans la r\u00e9alit\u00e9, bien s\u00fbr, elles ne peuvent qu\u2019en r\u00eaver, durant la lecture d\u2019une romance.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Moi j\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 qu\u2019il m\u2019appelle toujours \u00ab&nbsp;maman&nbsp;\u00bb mais un jour, alors qu\u2019il \u00e9tait encore un tout petit gar\u00e7on, il m\u2019avait dit, en m\u2019entourant le cou de ses bras&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Les mamans sont toujours vieilles. Moi, je veux t\u2019appeler \u00ab&nbsp;Madeleine&nbsp;\u00bb parce que tu es tr\u00e8s jeune.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La fausse Cendrillon (1971)<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u2014 Je vous aime, Caroline, vous \u00eates une fille merveilleuse, la seule que j\u2019ai rencontr\u00e9e, jusqu\u2019ici, \u00e0 laquelle je veuille consacrer toute ma vie. Voulez-vous m\u2019\u00e9pouser&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Non\u2026 non\u2026 \u00c9tienne, c\u2019est impossible. Je ne peux pas&nbsp;!<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u00c7a commence fort, hein&nbsp;? D\u2019habitude, c\u2019est \u00e0 la fin que le m\u00e2le d\u00e9sir\u00e9 confesse ses sentiments br\u00fblants pour l\u2019h\u00e9ro\u00efne. Ensuite elle dit \u00ab&nbsp;Oui&nbsp;!&nbsp;\u00bb et l\u2019histoire est finie. Mais l\u00e0 ce n\u2019est que le milieu&#8230; qui se trouve racont\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but. Qui a dit qu\u2019on n\u2019avait pas d\u2019audaces litt\u00e9raires chez <em>Nous deux<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Je venais de me laisser embrasser par lui, alors pourquoi refuser d\u2019\u00eatre sa femme&nbsp;? Pouvais-je d\u00e9sirer un meilleur mari&nbsp;? \u00c9tienne Lesage n\u2019\u00e9tait-il pas l\u2019homme le plus courtis\u00e9, le plus convoit\u00e9 de tous ceux qui gravitaient autour de moi&nbsp;?<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u00c7a pourrait \u00eatre une excellente d\u00e9finition d\u2019un alpha&nbsp;: <em>homme qui, dans la subjectivit\u00e9 d\u2019une femme, est per\u00e7u comme le meilleur choix possible et le plus convoit\u00e9 par d\u2019autres femmes<\/em>. Et vous vous demandez&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais alors pourquoi refuse-t-elle de l\u2019\u00e9pouser, cette nouille&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Initialement, Caroline est l\u2019une des sept \u00ab&nbsp;secr\u00e9taires st\u00e9nodactylos&nbsp;\u00bb de l\u2019agence de publicit\u00e9 ou travaille \u00e9galement \u00c9tienne. Notez qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque il \u00e9tait plus courant de se taper sa secr\u00e9taire que de taper soi-m\u00eame son courrier. Microsoft Word et #MeToo ont fait beaucoup de mal aux perspectives matrimoniales des jeunes actifs du tertiaire&nbsp;! Comme les autres secr\u00e9taires sont contextuellement des rivales, Caroline con\u00e7oit un plan subtil et infaillible pour s\u00e9duire \u00c9tienne&nbsp;: au lieu de s\u2019appr\u00eater coquettement comme les autres, elle se travestit en jeune femme prude \u00e0 l\u2019allure discr\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Je croyais avoir devin\u00e9 son secret. Ce qu\u2019il voulait, c\u2019\u00e9tait rencontrer une fille qui ne soit pas comme les autres, en qui il puisse avoir toute confiance, qui ne soit ni gar\u00e7onni\u00e8re, ni insolente, ni contestataire, ni maquill\u00e9e, ni flirteuse\u2026 Une fille comme on en fait plus&nbsp;! Eh bien, je serais cette fille-l\u00e0&nbsp;!<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui on dirait&nbsp;: \u00ab&nbsp;une fille qui ne soit ni masculine, ni casse-couilles, ni f\u00e9ministe, ni tatou\u00e9e, ni influenceuse\u2026 Une fille comme on en fait plus&nbsp;!&nbsp;\u00bb Apparemment, en 1971, on avait d\u00e9j\u00e0 la nostalgie de la femme \u00ab&nbsp;traditionnelle&nbsp;\u00bb, quoi que cela puisse vouloir dire. La R\u00e9volution sexuelle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien n\u2019arr\u00eate Caroline dans la manipulation de sa cible&nbsp;: avec la complicit\u00e9 d\u2019une coll\u00e8gue, elle se fait enferm\u00e9e seule avec \u00c9tienne, juste apr\u00e8s l\u2019heure de fermeture. Si c\u2019\u00e9tait une publication actuelle, ils auraient probablement copul\u00e9 sauvagement sur le bureau avant de faire plus ample connaissance. Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque on s\u2019interdit encore de commencer par la fin&nbsp;: on bavarde respectueusement, en attendant que la femme de m\u00e9nage passe les lib\u00e9rer. Caroline profite de ce moment pour jouer \u00e0 fond le r\u00f4le de <em>tradwife<\/em> qu\u2019elle s\u2019est compos\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u2014 Vous devez bien aller danser quelque fois, comme les autres&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Non, r\u00e9pondis-je, les yeux baiss\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>On m\u2019avait dit que, lorsque je baissais les yeux, je ressemblais \u00e0 une madone. Mes cheveux, s\u00e9par\u00e9s par une raie au milieu de la t\u00eate, mon lourd chignon, me donnaient un air s\u00e9rieux, d\u00e9mod\u00e9 \u00e0 souhait. Toutes les autres portaient des cheveux longs, raides, en g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9color\u00e9s, dont une m\u00e8che leur voilait la moiti\u00e9 du visage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je n\u2019arrive pas \u00e0 le croire&nbsp;! Les hommes qui vous entourent sont-ils donc aveugles&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Non, ils ne le sont pas et moi non plus, Monsieur&nbsp;! Je veux dire que le genre d\u2019hommes avec qui je pourrais sortir n\u2019est pas\u2026 enfin, qu\u2019ils n\u2019ont pas vis-\u00e0-vis des jeunes femmes l\u2019attitude que j\u2019aimerais qu\u2019on ait pour moi. Alors je pr\u00e9f\u00e8re rester \u00e0 la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lus dans ses yeux le plaisir que je lui causais.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>On apprend aussi dans cette conversation qu\u2019elle est sur le point d\u2019avoir 18 ans. \u00c0 nouveau&nbsp;: notez le haut degr\u00e9 d\u2019\u00e9mancipation des h\u00e9ro\u00efnes. C\u2019est sans doute exag\u00e9r\u00e9 \u2014 toutes les familles ne laissaient pas les jeunes femmes partir seules \u00e0 la ville, loin de l\u00e0 \u2014 mais l\u2019entr\u00e9e dans le monde du travail se faisait bien plus t\u00f4t qu\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, \u00c9tienne et Caroline se mettent \u00e0 sortir ensemble&nbsp;: restaurant, cabaret, th\u00e9\u00e2tre, cin\u00e9ma\u2026 Le stratag\u00e8me de Caroline a parfaitement fonctionn\u00e9&nbsp;: le brave \u00c9tienne est amoureux et elle aussi. Mais impossible de jouer ind\u00e9finiment le r\u00f4le de la jeune femme bien sage qu\u2019elle n\u2019est pas. Et voil\u00e0 pourquoi elle rejette la proposition de mariage&nbsp;: pour ne pas d\u00e9voiler la machination devant le bel \u00c9tienne et d\u00e9clencher sa col\u00e8re ou son d\u00e9go\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9nouement est th\u00e9\u00e2tral&nbsp;: dans une soir\u00e9e o\u00f9 elle s\u2019est rendue attif\u00e9e comme une p\u00e9tasse, elle raconte tout \u00e0 son ami Gerry \u2014 un Am\u00e9ricain qu\u2019elle traite comme un fr\u00e8re, car il a \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e8ve de son p\u00e8re et lui sert de confident asexu\u00e9. Le drame est d\u2019avoir s\u00e9duit sa cible en incarnant un personnage de chaste godiche intenable sur la dur\u00e9e, ratant ainsi l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019\u00e9pouser son alpha pourtant tout cuit. Et paf, co\u00efncidence&nbsp;! \u00c9tienne se trouve justement \u00e0 cette soir\u00e9e et il a tout entendu&nbsp;! Loin de s\u2019offusquer, il est sous le charme de la menteuse.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u2014 Vous ne m\u2019en voulez pas, \u00c9tienne&nbsp;? Est-ce possible&nbsp;? Je croyais vous avoir perdu pour toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Non seulement vous ne m\u2019avez pas perdu, mais je suis s\u00fbr qu\u2019avec une femme aussi imaginative que vous \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, la vie sera merveilleuse et sans monotonie&nbsp;! s\u2019exclama-t-il en riant tendrement.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0, Caroline \u00e0 r\u00e9ussi sa qu\u00eate hypergamique&nbsp;: conqu\u00e9rir l\u2019alpha, r\u00e9solvant ainsi la grande angoisse et le plus profond d\u00e9sir d\u2019une femme. L\u2019\u00e9quivalent pour un homme serait de convaincre un troupeau de bombasses nymphomanes de le suivre sur le champ jusqu\u2019\u00e0 un h\u00f4tel. Chaque sexe a les fantasmes correspondant \u00e0 ses besoins reproductifs, voyez-vous&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Souvent les femmes m\u2019ont dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Une relation, \u00e7a doit arriver <em>comme par magie<\/em>, sans effort\u2026&nbsp;\u00bb <br>J\u2019ai d\u00e9couvert plus tard qu\u2019elles sont pr\u00eates \u00e0 tous les efforts et toutes les contorsions pour un homme qu\u2019elles d\u00e9sirent <em>vraiment<\/em>. Dire \u00e0 un brave gar\u00e7on que tout doit arriver <em>comme par magie<\/em>, sans action ni complot de sa part, c\u2019est un pi\u00e8ge (un <em>shit-test<\/em>). <a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2023\/06\/09\/seduction-la-methode-tom-sawyer\/\">Le s\u00e9ducteur exp\u00e9riment\u00e9<\/a> ne se laissera pas tromper&nbsp;: s\u00e9duire c\u2019est mentir avec art, pour le bonheur des deux. Alors faites comme Caroline&nbsp;: soyez habile, soyez inventif, soyez machiav\u00e9lique, votre cible sera ravie&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2025\/01\/15\/tout-ce-que-vous-avez-besoin-de-savoir-sur-les-femmes-est-dans-les-romances-2\/\">Dans la seconde partie, nous verrons des nouvelles des ann\u00e9es 1980, 1990 et 2000<\/a>. La soci\u00e9t\u00e9 et les m\u0153urs changent, les femmes pas tellement.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cela fait un moment que je ne vous ai plus parl\u00e9 de romances, ces fen\u00eatres ouvertes sur la psych\u00e9 f\u00e9minine que les hommes ignorent aveugl\u00e9ment. Coup de chance, j\u2019ai entre les mains un recueil de nouvelles publi\u00e9es par le magazine Nous deux entre 1957 et 2003. Voyons ce qu\u2019elles nous&hellip;<\/p>\n<p><a class=\"excerpt-readmore\" href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2024\/12\/23\/tout-ce-que-vous-avez-besoin-de-savoir-sur-les-femmes-est-dans-les-romances-1\/\">Read More<\/a><\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":2736,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"twitterCardType":"","cardImageID":0,"cardImage":"","cardTitle":"","cardDesc":"","cardImageAlt":"","cardPlayer":"","cardPlayerWidth":0,"cardPlayerHeight":0,"cardPlayerStream":"","cardPlayerCodec":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[41],"class_list":["post-2729","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinions","tag-romance","odd"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2729","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2729"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2729\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2773,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2729\/revisions\/2773"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2736"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2729"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2729"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2729"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}