{"id":31,"date":"2020-11-15T13:24:47","date_gmt":"2020-11-15T12:24:47","guid":{"rendered":"https:\/\/leseffrontes.fr\/?p=31"},"modified":"2023-03-15T21:04:56","modified_gmt":"2023-03-15T20:04:56","slug":"psychiatrie-militaire-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2020\/11\/15\/psychiatrie-militaire-2\/","title":{"rendered":"Psychiatrie militaire 2"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">VII<\/h2>\n\n\n\n<p>Je me suis promen\u00e9 dans la ville, ni touriste, ni \u00e9tranger. Devant moi un couple s\u2019embrassait en riant. Ils avaient la vingtaine. Blonds, les cheveux boucl\u00e9s, la peau trop blanche, de celles qui d\u00e9testent le soleil. Ils venaient d\u2019un pays froid, un pays o\u00f9 le m\u00e9lange est une affaire de c\u00e9r\u00e9ales. Je sirotais ma bi\u00e8re en les regardant. Ils se sont lev\u00e9s au bout de quelques minutes pour aller s\u2019embrasser ailleurs. J\u2019avais faim. Le soir, de retour \u00e0 la caserne, je me suis arr\u00eat\u00e9 \u00e0 nouveau pour un verre. Le pub \u00e9tait plein et un groupe jouait des reprises des Beatles. Un mec s\u2019est approch\u00e9 de moi, un lourd de la visi\u00e8re avec des yeux de rats et un visage en triangle. Il croyait qu\u2019on \u00e9tait du m\u00eame bord parce qu\u2019on \u00e9tait du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 du bar. Attention&nbsp;! Je suis un boit-sans-soif mais pas un poivrot, pas une outre-\u00e0-vin, je ne suis pas un licheur ou un t\u00e8te-boutanche. Je sais me tenir et personne ne m\u2019a vu \u00e9taler ma tripaille sur le sofa. Je ne finis pas les bouteilles, je les ouvre. Je ne bois pas pour me faire des amis ou pour noyer mon chagrin, je bois parce que je suis l\u00e2che et que pour en finir sans se faire mal, c\u2019est ce qu\u2019on fait de mieux. Je bois parce que je sais depuis longtemps que je ne veux plus en \u00eatre. Je n\u2019ai pas le courage de franchir le parapet ou de me mettre la t\u00eate au four. Alors je me pr\u00e9pare. Le jour venu, j\u2019augmenterai la dose, juste un peu, et un organe se mettra en carafe. Le c\u0153ur, le foie, qu\u2019importe. Je bois par d\u00e9go\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">VIII<\/h2>\n\n\n\n<p>Alors quand l\u2019\u00e9ponge de Moselle m\u2019entreprend en me parlant de sa copine, de son boulot et de toutes ces choses que racontent les poivrots, j\u2019ai vu rouge. J\u2019ai attrap\u00e9 visage-de-fouine par le sac \u00e0 boule et j\u2019ai serr\u00e9 bien fort. Son pif a vir\u00e9 \u00e0 l\u2019orage et j\u2019ai vu dans ses yeux un \u00e9clair et l\u2019envie de rester parmi les gens encore un peu, une br\u00e8ve \u00e9tincelle. Il est parti sans un mot. L\u2019alcool est la drogue des faibles.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pass\u00e9 la semaine sans redescendre&nbsp;; 1,5 gramme par litre minimum, un fonds de roulement. Le vendredi soir j\u2019ai pris le train. Mino devait m\u2019attendre \u00e0 la gare. Elle \u00e9tait l\u00e0 au bout du quai n\u00b0&nbsp;7, au milieu des bidasses qui ne la remarquaient m\u00eame pas. Je suis descendu le dernier. Elle \u00e9tait comme un clou sur une planche. Je lui \u00e9tais reconnaissant d\u2019\u00eatre venue me chercher. J\u2019ai eu d\u2019un coup tr\u00e8s envie d\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il commen\u00e7ait \u00e0 se faire tard. Le parvis \u00e9tait recouvert de militaires. Devant nous le <em>roadster<\/em> rose tranchait avec la mar\u00e9e vert-kaki. Elle m\u2019a tendu un casque. Elle a inclin\u00e9 la t\u00eate, elle paraissait d\u00e9sol\u00e9e. Je n\u2019avais jamais remarqu\u00e9 ses yeux. D\u2019un marron tr\u00e8s clair, mais assombris par des sourcils en bataille et un teint mat. Il \u00e9tait difficile de se faire une id\u00e9e. Elle \u00e9tait d\u2019une beaut\u00e9 timide, \u00e9corch\u00e9e par endroit. Sous son blouson de cuir renforc\u00e9, elle portait un bustier de cotonnade, une attention touchante et ridicule, Mino \u00e9tait plate comme un jeune gar\u00e7on. \u00ab&nbsp;C\u00f4t\u00e9 sein, je tiens de mon p\u00e8re&nbsp;\u00bb me dira-t-elle plus tard apr\u00e8s l\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">IX<\/h2>\n\n\n\n<p>Je suis mont\u00e9 sur sa moto. Il y avait ce bruit de remorqueur que font tous les <em>v-twins<\/em>, ce son sourd et sournois comme un diesel de marine. Il y avait ce rose d\u2019un autre lieu, celui d\u2019une suite de Las-Vegas et il y avait Mino et moi, qui faisait trois t\u00eates de plus qu\u2019elle et qui m\u00eame \u00e0 l\u2019arri\u00e8re pouvait conduire \u00e0 sa place. Elle gardait une maison d\u2019amis \u00e0 Malakoff. Un pavillon avec un petit escalier pour entrer, prot\u00e9g\u00e9 par une marquise en fer forg\u00e9. Nous n\u2019avons rien dit et nous sommes all\u00e9s directement \u00e0 la salle d\u2019eau. Elle nous a fait couler un bain et nous nous sommes enfin embrass\u00e9s. \u00c7a n\u2019\u00e9tait pas un baiser, ou un patin, une gamelle ou un bisou. C\u2019\u00e9tait un verre d\u2019alcool fort que l\u2019on boit cul-sec pour montrer \u00e0 l\u2019autre qu\u2019on en est un aussi. Une vodka artisanale et \u00e0 bonne temp\u00e9rature qui se boit \u00e0 la russe&nbsp;: dans un sauna pour \u00e9liminer et entrecoup\u00e9e de cornichons au vinaigre pour boire plus. Elle avait un corps magnifique, vraiment. Souple et tendu, les muscles fusel\u00e9s, d\u00e9licatement pos\u00e9s sur une ossature fragile. Elle \u00e9tait l\u00e9g\u00e8re comme une brume d\u2019automne. Je l\u2019ai port\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la baignoire tout en embrassant sa poitrine d\u2019homme. Je l\u2019ai prise comme on sauve un gaillard de la noyade, fr\u00e9missant et reconnaissant. Sa bouche avait le go\u00fbt \u00e2cre des regrets et l\u2019\u00e2pret\u00e9 des vies parall\u00e8les qui ne se rencontrent jamais que dans le lointain. Je suis tomb\u00e9 amoureux d\u2019elle pour \u00e7a, parce que je ne la connaissais pas, parce que cela n\u2019\u00e9tait pas possible et qu\u2019apr\u00e8s cette nuit, il n\u2019y en aurait pas d\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">X<\/h2>\n\n\n\n<p>Le lendemain, je suis all\u00e9 dormir chez mes parents. Ma m\u00e8re \u00e9tait assise sur son bout de canap\u00e9, \u00e0 sa place habituelle, le chat de goutti\u00e8re en boule sur les genoux. Un chat sans nom que mon p\u00e8re avait trouv\u00e9 dans les ordures et qu\u2019on appelait \u00ab&nbsp;Le chat&nbsp;\u00bb, facile. Ma m\u00e8re m\u2019a regard\u00e9 avec ses yeux bouff\u00e9s par la maladie, un regard d\u00e9ment, avec un angle impossible de l\u2019\u0153il droit. Il n\u2019y avait que son sourire qui parlait encore. Le sourire de ma m\u00e8re qui m\u2019ouvrait ses bras pour me souhaiter la bienvenue, heureuse de son sort parce que j\u2019\u00e9tais rentr\u00e9. Sans une plainte, sans une larme, sa main qui me cherchait pour caresser mon visage. Sa voix tremblante et rouill\u00e9e par le silence qui me disait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bonjour mon grand, comment vas-tu&nbsp;?&nbsp;\u00bb Alors j\u2019ai pos\u00e9 ma t\u00eate sur ses jambes, \u00ab&nbsp;Le chat&nbsp;\u00bb n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas jaloux, je me suis agenouill\u00e9 devant ma m\u00e8re et j\u2019ai pleur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai repris le train le soir. J\u2019ai craqu\u00e9 ma tirelire pour \u00e9viter mes cong\u00e9n\u00e8res en vert. Je suis rentr\u00e9 en premi\u00e8re classe dans une rame de civils. Le lendemain, apr\u00e8s une nuit froiss\u00e9e, je tirais une gueule si longue que le capitaine Toussaint m\u2019a convoqu\u00e9 en entretien. Je ne sais plus ce que j\u2019ai dit. Je ne me souviens que de lui qui prend le t\u00e9l\u00e9phone et prononce cette phrase&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai un gars ici, il faut le faire sortir&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis pass\u00e9 par l\u2019infirmerie et la toubib m\u2019a fil\u00e9 un Lexomil. Elle a sign\u00e9 des papiers, plein de formulaires en trois exemplaires avec feuille carbone. Je n\u2019ai pas pu repasser par ma chambre \u2013 \u00ab&nbsp;Vos affaires suivront&nbsp;\u00bb a-t-elle dit \u2013 je suis mont\u00e9 dans une ambulance, direction l\u2019h\u00f4pital militaire de Metz.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">XI<\/h2>\n\n\n\n<p>La m\u00e9decine militaire est bien diff\u00e9rente de sa coll\u00e8gue de ville. Les malades sont majoritairement des hommes jeunes et en bonne sant\u00e9. Parmi eux, les appel\u00e9s bless\u00e9s en man\u0153uvre, les professionnels et leurs familles\u2026 \u00c0 l\u2019\u00e9cart, dans un b\u00e2timent moderne, se trouvait l\u2019aile des psychiatriques, les P4 en voie de r\u00e9forme. Deux bidasses m\u2019accueillirent en ricanant. J\u2019\u00e9tais abruti par l\u2019anxiolytique. Ils m\u2019ont donn\u00e9 un pyjama bleu clair, une veste de laine de la m\u00eame teinte, mais plus sombre et une paire d\u2019espadrille. Je me suis demand\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est \u00e0 \u00e7a que ressemblait mon grand-p\u00e8re quand il est arriv\u00e9 aux camps&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait deux couchages dans la chambre, celui pr\u00e8s de la fen\u00eatre \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9&nbsp;; un stock de bouteilles de jus de fruits recouvrait le plateau pr\u00e8s de la t\u00eate de lit. C\u2019\u00e9tait propre et sans vie, la m\u00eame chaise, la m\u00eame table, identiques \u00e0 toutes les tables et toutes les chaises de l\u2019\u00e9tage. \u00c7a ressemblait \u00e0 un h\u00f4tel Formule&nbsp;1, les d\u00e9corations en moins. On avait pos\u00e9 un set de linge sur le matelas\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9cidais de remettre \u00e7a \u00e0 plus tard et commen\u00e7ais \u00e0 remplir le formulaire qu\u2019on avait laiss\u00e9 l\u00e0 \u00e0 mon attention. \u00c7a passait le temps et je m\u2019appliquais \u00e0 bien r\u00e9pondre. Oui j\u2019avais des pens\u00e9es suicidaires, oui je prenais des stup\u00e9fiants et de l\u2019alcool \u00e0 l\u2019occasion\u2026 j\u2019\u00e9tais affirmatif, je cochais toutes les cases, toutes celles qui, selon moi, m\u2019aideraient \u00e0 partir le plus vite d\u2019ici.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">XII<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait l\u2019heure de d\u00e9jeuner. Le r\u00e9fectoire \u00e9tait comme le reste, murs blancs, mobiliers bleus, et jeunes gens aux cr\u00e2nes ras\u00e9s en uniforme de dingues. J\u2019allais tr\u00e8s vite apprendre \u00e0 les conna\u00eetre. Les civils et les bidasses. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de ce groupe, il y avait les furieux, les simulateurs, les gentils, les fragiles et les cas d\u2019esp\u00e8ces. On nous a servi une tambouille de militaire, ni meilleure, ni moins bonne que celle de la caserne. Je l\u2019ai vite aval\u00e9e dans un bel unisson de fourchettes et d\u00e9glutitions. Je n\u2019avais pas encore compris que j\u2019attendrai le moment du repas comme un ravi attend la cr\u00e8che.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai fait la connaissance de mon cothurne \u00e0 mon retour. Il \u00e9tait plong\u00e9 dans la lecture de mon questionnaire m\u00e9dical. Je l\u2019ai d\u00e9taill\u00e9 le temps qu\u2019il s\u2019aper\u00e7oive de ma pr\u00e9sence. Efflanqu\u00e9, les dents en chicot, le menton fuyant et le regard noir sous des sourcils minces. Il \u00e9tait torse nu et couvert de tatouages. Des bousilles de mauvais gar\u00e7ons, t\u00eate de mort sur le buste, toile d\u2019araign\u00e9e au coude et un c\u0153ur du Christ sur le biceps.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Faut pas laisser tra\u00eener \u00e7a\u202f! m\u2019a-t-il pr\u00e9venu avant d\u2019aller s\u2019allonger sur son lit.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis sorti fumer une cigarette.<\/p>\n\n\n\n<p>On avait livr\u00e9 mes affaires dans l\u2019intervalle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 J\u2019\u00e9tais \u00e0 Djibouti, a commenc\u00e9 mon voisin de chambr\u00e9e, au d\u00e9but je buvais, tr\u00e8s vite j\u2019ai pris du crack.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019\u00e9coutais en pliant mon linge.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 J\u2019\u00e9tais en cure de d\u00e9sintox l\u00e0-bas\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La chauve-souris de son bras gauche me souriait d\u2019un air torve.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">XIII<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai rencontr\u00e9 les autres apr\u00e8s le repas du soir. Des vampires, comme moi. Un gars du b\u00e2timent des civils avait une fili\u00e8re et nous alimentait en shit. Le p\u00e9tard tournait de main en main, tr\u00e8s vite suivit par un autre, puis encore un. \u00ab&nbsp;Pourquoi t\u2019es l\u00e0&nbsp;?&nbsp;\u00bb n\u2019\u00e9tait pas la question, mais \u00ab&nbsp;Comment t\u2019as fait pour arriver ici&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ils s\u2019appelaient Michel, ou Paul, ou je ne sais plus leurs noms \u2013 sans le confinement, je n\u2019aurais jamais plus pens\u00e9 \u00e0 eux. Ils avaient tous une histoire. Pascal, taill\u00e9 comme un Solex \u2013 il m\u2019arrivait \u00e0 l\u2019\u00e9paule \u2013 finissait ses classes \u00e0 Mourmelon, vaste champ de mines de l\u2019industrie du char, v\u00e9rol\u00e9 par les obus. \u00c0 cette \u00e9poque, l\u2019adjudant Chanal, <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Affaire_des_disparus_de_Mourmelon\" target=\"_blank\">le violeur psychopathe<\/a>, chassait sur la route d\u00e9partementale qui menait du camp \u00e0 la gare au volant de sa camionnette-corbillard. Et Jean-Michel\u2026 il avait pass\u00e9 sa premi\u00e8re nuit de dortoir \u00e0 se frotter l\u2019axe du nez contre le montant du lit superpos\u00e9\u202f; direct en psychiatrie. C\u2019\u00e9tait une grenade \u00e0 cran d\u2019arr\u00eat. Au d\u00e9jeuner, il s\u2019est foutu sur la gueule avec Raoul, vingt ans, un plouc, p\u00e8re de trois gosses. Et Didier, un employ\u00e9 de mairie qui s\u2019\u00e9tait taill\u00e9 les veines jusqu\u2019aux tendons. Et lui\u2026 les yeux vairons, insupportables, un visage d\u2019ange, le seul \u00e0 avoir gard\u00e9 ses cheveux\u2026 Il \u00e9tait en taule pour trois ans quand est venu le moment de l\u2019incorporation. Impossible de r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel de la Patrie, le voici d\u00e9serteur de surcro\u00eet. Les gendarmes sont venus l\u2019attendre \u00e0 sa sortie pour l\u2019envoyer se faire r\u00e9former dans la foul\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2020\/11\/22\/psychiatrie-militaire-3\/\">(\u00c0 suivre\u2026)<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>VII Je me suis promen\u00e9 dans la ville, ni touriste, ni \u00e9tranger. Devant moi un couple s\u2019embrassait en riant. Ils avaient la vingtaine. Blonds, les cheveux boucl\u00e9s, la peau trop blanche, de celles qui d\u00e9testent le soleil. 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