{"id":3394,"date":"2025-12-30T18:15:00","date_gmt":"2025-12-30T17:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leseffrontes.fr\/?p=3394"},"modified":"2026-03-20T14:44:09","modified_gmt":"2026-03-20T13:44:09","slug":"declaration-des-droits-de-lhomme-desabuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2025\/12\/30\/declaration-des-droits-de-lhomme-desabuse\/","title":{"rendered":"D\u00e9claration des droits de l&rsquo;homme d\u00e9sabus\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>Repr\u00e9sentant nul autre que moi-m\u00eame et r\u00e9uni en mon for int\u00e9rieur, consid\u00e9rant que l\u2019ignorance et le m\u00e9pris de la r\u00e9alit\u00e9 sont les causes de la plupart des malheurs publics et de la corruption de la soci\u00e9t\u00e9, j\u2019ai r\u00e9solu d\u2019exposer dans une d\u00e9claration personnelle les droits naturels, constatables et inalt\u00e9rables, de l\u2019homme. En cons\u00e9quence je d\u00e9clare, en pr\u00e9sence de personne et \u00e0 l\u2019intention de quiconque voudra me lire, les <em>droits de l\u2019homme d\u00e9sabus\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 1<\/strong><sup><strong>er<\/strong><\/sup><strong>.<\/strong> Les hommes naissent totalement soumis \u00e0 la puissance maternelle dont ils d\u00e9pendent pour le maintien de leur temp\u00e9rature corporelle, leur propret\u00e9, leur consolation et leurs douze t\u00e9t\u00e9es quotidiennes. S\u2019affranchir du f\u00e9minin est l\u2019effort prolong\u00e9 de chacun&nbsp;; en aucune fa\u00e7on l\u2019\u00e9mancipation ne peut \u00eatre donn\u00e9e. En outre, les hommes naissent in\u00e9gaux g\u00e9n\u00e9tiquement et socialement. Ils n\u2019ont que la libert\u00e9 de le nier et se complaire dans leur \u00e9tat, ou de l\u2019admettre et tenter de r\u00e9aliser leur potentiel quel qu\u2019il soit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art 2.<\/strong> Le but de toute association politique se lit dans ses actes et non dans ses discours. Aucune loi naturelle n\u2019a besoin d\u2019\u00eatre proclam\u00e9e, vot\u00e9e et appliqu\u00e9e par les hommes, ni m\u00eame comprise par eux. Sinon c\u2019est une loi humaine, particuli\u00e8re \u00e0 un lieu et une \u00e9poque. L\u2019homme d\u00e9sabus\u00e9 s\u2019exon\u00e8re des fi\u00e8vres id\u00e9ologiques, s\u2019il participe \u00e0 la politique autant que s\u2019il s\u2019en abstient.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art 3.<\/strong> Le principe de toute souverainet\u00e9 r\u00e9side essentiellement dans le courage. Nulle collectivit\u00e9, nul individu n\u2019est souverain s\u2019il en est d\u00e9muni.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art 4.<\/strong> La libert\u00e9 consiste \u00e0 conna\u00eetre que le corps de l\u2019homme n\u2019est pas libre et ne peut l\u2019\u00eatre. Le corps est anim\u00e9 de besoins physiologiques, affectifs et sexuels sans lesquels il cesse de fonctionner et appara\u00eet alors pour ce qu\u2019il est&nbsp;: quelques kilogrammes d\u2019\u00e9l\u00e9ments chimiques vite recycl\u00e9s dans d\u2019autres organismes. Tant que l\u2019on croit \u00eatre le corps, on ne peut \u00eatre libre&nbsp;; d\u00e8s que l\u2019on cesse d\u2019y croire, on est enti\u00e8rement lib\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 5.<\/strong> La loi d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 humaine est une donn\u00e9e pour l\u2019homme. S\u2019il y est n\u00e9, il la trouvera souvent juste, ou plus juste que la loi d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s. S\u2019il la trouve injuste, la loi s\u2019impose pourtant \u00e0 son corps comme au corps des autres hommes. L\u2019homme d\u00e9sabus\u00e9 ne lance pas son corps contre la loi&nbsp;; son esprit demeure libre de l\u2019un et de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 6.<\/strong> La loi humaine est l\u2019expression d\u2019int\u00e9r\u00eats particuliers alli\u00e9s pour contrer d\u2019autres int\u00e9r\u00eats particuliers&nbsp;; il ne faut pas s\u2019\u00e9tonner de sa variabilit\u00e9 dans le temps et dans l\u2019espace. La loi naturelle est insensible aux int\u00e9r\u00eats particuliers&nbsp;; sa constance est sans \u00e9gale et son intransigeance sans cruaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 7.<\/strong> Tout homme peut \u00eatre accus\u00e9, arr\u00eat\u00e9 ou d\u00e9tenu dans les cas d\u00e9termin\u00e9s ou non par la loi du lieu et de l\u2019\u00e9poque, dans le respect des formes prescrites aussi bien que dans leur transgression, par les agents de l\u2019ordre aussi bien que par les rebelles \u00e0 l\u2019ordre. Seules les probabilit\u00e9s diff\u00e9rent. L\u2019homme d\u00e9sabus\u00e9 se garde de l\u2019imprudence mais accepte le destin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 8.<\/strong> Une soci\u00e9t\u00e9 humaine serait sage de limiter sa loi en \u00e9tendue et en complexit\u00e9 mais, d\u00e8s qu\u2019elle est riche, une soci\u00e9t\u00e9 humaine cesse d\u2019\u00eatre sage. Le politicien, le bureaucrate et le citoyen dispens\u00e9 du labeur vivent par le verbe. L\u2019acc\u00e8s aux denr\u00e9es et aux biens d\u00e9sir\u00e9s par leur corps, leurs femmes et leur prog\u00e9niture n\u00e9cessite de fabriquer constamment imp\u00f4ts, r\u00e8glements et croyances. Comment pourraient-ils s\u2019abstenir d\u2019ajouter de la complexit\u00e9 \u00e0 la complexit\u00e9 quand leur survie et leur reproduction en d\u00e9pendent\u00a0? Ainsi la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de la loi humaine est une loi naturelle. L\u2019homme d\u00e9sabus\u00e9 ne s\u2019en \u00e9meut pas.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 9.<\/strong> Tout homme suit son destin, quoi qu\u2019il fasse et en pense. L\u2019innocence et la culpabilit\u00e9 sont contingentes. Le magistrat devrait appliquer sans se troubler la loi de son \u00e9poque&nbsp;; le l\u00e9gislateur devrait l\u2019\u00e9crire en pensant toujours \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et de la Nation&nbsp;; le simple citoyen devrait exercer son jugement sans \u00e9motion. L\u2019homme d\u00e9sabus\u00e9 sait que rien de tout cela n\u2019arrive.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 10.<\/strong> Nul n\u2019est inqui\u00e9t\u00e9 pour les opinions consensuelles qu\u2019il croit siennes, lesquelles ne sauraient troubler l\u2019ordre public&nbsp;: elles sont l\u2019ordre public.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 11.<\/strong> La libre communication des pens\u00e9es et des opinions peut \u00eatre autoris\u00e9e ou r\u00e9prim\u00e9e par la loi humaine, cela n\u2019est qu\u2019une circonstance&nbsp;: les corps ne sont pas libres de choisir \u00e0 quoi ils croient. Les r\u00e9volutions sont in\u00e9vitables \u00e0 leur heure et impossibles avant&nbsp;; les anciens r\u00e9gimes ne peuvent \u00eatre sauv\u00e9s. Les corps poursuivent leur d\u00e9sirs sans cesse. Toute pens\u00e9e qui d\u00e9sabuse l\u2019homme demeure et demeurera marginale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 1<\/strong><strong>2<\/strong><strong>.<\/strong> La force pr\u00e9c\u00e8de la loi\u00a0; elle en est la condition n\u00e9cessaire. Or la force na\u00eet de la violence, et la violence de l\u2019ambition naturelle de survivre et de se reproduire. Ainsi la force publique et la loi sont les filles tr\u00e8s prudes du plus bestial instinct. L\u2019homme d\u00e9sabus\u00e9 comprend que le corps est soumis \u00e0 la force, \u00e0 la loi et \u00e0 l\u2019instinct.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 13.<\/strong> Pour l\u2019entretien de la force publique, des princes, des clercs, des courtisanes et des bouffons, une contribution des hommes laborieux est n\u00e9cessaire. Leur consentement \u00e0 l\u2019imp\u00f4t est aussi important que le consentement du lapin \u00e0 nourrir le renard, et le consentement du renard \u00e0 servir son estomac. Partout l\u2019abondance engendre la complexit\u00e9 et la complexit\u00e9 d\u00e9vore l\u2019abondance. Pourquoi se plaindre d\u2019une loi naturelle\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 14.<\/strong> Tous les citoyens ont le droit de constater par eux-m\u00eames l\u2019usage et le montant de la contribution publique et, s\u2019ils vivent dans une \u00e9poque d\u00e9mocratique, de reconna\u00eetre qu\u2019ils ont bien les dirigeants qu\u2019ils m\u00e9ritent. Ils peuvent aussi le nier, c\u2019est le m\u00eame prix.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 15.<\/strong> La soci\u00e9t\u00e9 a le droit de demander compte \u00e0 tout agent public de son administration. Cela revient \u00e0 dire que l\u2019administration a le droit de demander des comptes \u00e0 l\u2019administration. Le citoyen peut \u00e9galement se demander lui-m\u00eame des comptes. Une telle enqu\u00eate, diligent\u00e9e par soi et sur soi avec z\u00e8le et t\u00e9nacit\u00e9, produit plus de bien dans le monde que les proc\u00e8s et les dol\u00e9ances publiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 16.<\/strong> Il n\u2019existe pas de soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle la garantie des droits n\u2019est pas assur\u00e9e. Il existe au sein de chaque soci\u00e9t\u00e9 des castes dont les droits diff\u00e8rent, explicitement ou implicitement, et de nombreux droits non \u00e9crits et non dits. Cela est connu des membres de la soci\u00e9t\u00e9, m\u00eame de ceux qui pr\u00e9f\u00e8rent s\u2019abuser.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Art. 17.<\/strong> La propri\u00e9t\u00e9 est un droit ni inviolable, ni sacr\u00e9, comme l\u2019histoire en atteste. De m\u00eame les corps ne sont ni inviolables, ni sacr\u00e9s&nbsp;: tous mangent et tous seront mang\u00e9s.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Repr\u00e9sentant nul autre que moi-m\u00eame et r\u00e9uni en mon for int\u00e9rieur, consid\u00e9rant que l\u2019ignorance et le m\u00e9pris de la r\u00e9alit\u00e9 sont les causes de la plupart des malheurs publics et de la corruption de la soci\u00e9t\u00e9, j\u2019ai r\u00e9solu d\u2019exposer dans une d\u00e9claration personnelle les droits naturels, constatables et inalt\u00e9rables, de&hellip;<\/p>\n<p><a class=\"excerpt-readmore\" href=\"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/2025\/12\/30\/declaration-des-droits-de-lhomme-desabuse\/\">Read More<\/a><\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":3395,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"twitterCardType":"","cardImageID":0,"cardImage":"","cardTitle":"","cardDesc":"","cardImageAlt":"","cardPlayer":"","cardPlayerWidth":0,"cardPlayerHeight":0,"cardPlayerStream":"","cardPlayerCodec":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[88],"class_list":["post-3394","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinions","tag-liberte","odd"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3394","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3394"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3394\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3571,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3394\/revisions\/3571"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3395"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3394"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3394"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leseffrontes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3394"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}