Ceci est une traduction de la septième règle de fer de Rollo Tomassi, telle qu’énoncée et expliquée par l’auteur sur son blog The Rational Male. — TB
La femme qui se maquille tous les jours est-elle « elle-même » ? Et celle qui a des implants, est-elle « elle-même » ? Et celle qui porte des talons hauts parce que cela lui fait gagner 10 cm ? La fille que vous ne voyez que sur des photos de fêtes sur Facebook est-elle « elle-même » ? Inversons la situation : la femme qui porte un tailleur qui souligne ses épaules grâce à des épaulettes dans sa veste est-elle « elle-même » ? Si elle se teint les cheveux, est-elle moins authentique ?
Si être soi-même est un état idéal, je devrais raisonnablement pouvoir m’attendre à ce qu’un mannequin de fitness partageant la même idée soit attiré par moi, même si ma plus grande passion est de m’asseoir sur mon canapé, de manger une grande pizza et de la faire passer avec un pack de six tout en regardant le football, n’est-ce pas ? Après tout, je suis juste « moi-même », c’est « qui je suis ».
Croyez et vous deviendrez
La distinction la plus difficile à faire pour les non-initiés à la dynamique STM (Sois Toi-Même) est que la personnalité est malléable. La personnalité est en constante évolution. La personne que vous êtes aujourd’hui n’est pas celle que vous étiez il y a deux ans, ni celle que vous serez dans deux ans. Il existe des traits et des caractéristiques que nous pouvons conserver toute notre vie, mais même ceux-ci sont susceptibles de changer en fonction des circonstances. C’est vous qui définissez ce que signifie être « soi-même » à un moment donné, et cela dépend de votre situation personnelle et de votre environnement. Alors, où fixer la limite ? Quand un véritable changement de caractère devient-il légitime plutôt que « superficiel » ou « futile » ? Ce ne sont là que des expressions à la mode que les femmes (et trop d’imbéciles) ont utilisées avec succès au fil des siècles et que les hommes ont intériorisées comme des états de perception que les femmes jugent indésirables, sans jamais les définir avec précision. Au contraire, cela reste intentionnellement ambigu et relatif à l’interprétation de chaque femme, tandis que leurs comportements indiquent leurs propres motivations.
Vous êtes celui que vous croyez être, et vous êtes celui qu’elle perçoit
L’une des choses les plus difficiles à entendre pour n’importe qui — homme ou femme — est qu’il faudrait changer son mode de vie, car cela implique que le simple fait d’être « soi-même » est, en quelque sorte, la cause de sa situation actuelle. C’est comme dire à quelqu’un qu’il ne mène pas sa vie « correctement » ou qu’il élève mal ses enfants. Si j’ai un ami qui se drogue à l’héroïne, que je l’encourage activement à arrêter et que je fais des efforts pour l’aider à se désintoxiquer, la société me qualifie de héros ou de sauveur. Lorsque j’encourage mon pote à arrêter de fumer avant qu’il ne développe un cancer, je suis un ami attentionné qui l’aide à mettre fin à un comportement dangereux pour sa santé. Mais lorsque je dis à un ami qu’il doit changer son approche envers les femmes, que c’est la raison de son malheur et qu’il doit changer sa vision et son approche des femmes, avoir une meilleure apparence et se sentir mieux dans sa peau, alors je suis un connard « superficiel » et insensible à son « problème ». Pire encore : essayer d’offrir une critique constructive, sous un jour aussi positif que possible, en disant qu’une personne peut s’améliorer en changeant sa vision et en modifiant son comportement.
La personnalité n’est pas seulement malléable, elle peut aussi changer radicalement dans certaines conditions spécifiques. Les vétérans souffrant du syndrome de stress post-traumatique en sont un exemple facile à comprendre. Ces hommes ont été exposés à des environnements traumatisants qui ont fondamentalement modifié leur personnalité. Bien qu’il s’agisse d’un exemple extrême, cela montre que devenir une « personne différente » est une question de conditions. Si mes conditions sont telles que j’aime rester chez moi le vendredi soir à manger une pizza entière, la faire passer avec un pack de six et regarder des dessins animés, puis-je raisonnablement m’attendre à ce que la prof de fitness sexy de la salle de sport vienne me voir et qu’elle ait envie de me baiser follement ? Et pourquoi pas ? Après tout, je ne suis que « moi-même » et elle devrait « m’aimer pour ce que je suis », n’est-ce pas ? Mais si tel était mon cas, les conditions qui définissent ma personnalité seraient incompatibles avec le fait d’attirer et/ou de maintenir une relation avec quelqu’un dont les conditions ne sont pas les miennes.
« Sois-toi même » est une convention sociale qui favorise l’hypergamie
Les femmes sont ravies d’approuver et de renforcer le STM, car elles pensent consciemment que « cela semble être la bonne chose à dire ». C’est une position inattaquable : qui ne voudrait pas que vous soyez « vous-même » ? Si ce qui compte est uniquement à l’intérieur, alors toute personne qui vous dit de changer doit vous manipuler pour ses propres raisons égoïstes. Cela s’inscrit parfaitement dans le mantra populaire de l’acceptation de soi et de l’acceptation de son poids, dans lequel la plupart des femmes se réfugient lorsque l’impact du Mur commence à se manifester dans leur physique et qu’elles veulent être aimées pour « ce qu’elles sont » plutôt que pour ce à quoi elles ressemblaient auparavant. Cependant, à un niveau subconscient, l’objectif latent de la promotion de la convention sociale STM chez les hommes est un autre mécanisme de filtrage de la sélection sexuelle. En réalité, il s’agit plutôt d’un filtre de sécurité, dans la mesure où en imposant socialement l’authenticité à la population masculine en général, les femmes sont plus sûres de leur évaluation sexuelle des hommes. Si tous les hommes sont simplement eux-mêmes et sont encouragés à être la personne qu’ils « sont vraiment », cela aide les femmes à déterminer quel homme satisfera le mieux leur hypergamie.
Comme je l’ai déjà mentionné dans plusieurs articles précédents, les femmes prétendent vouloir de l’honnêteté de la part des hommes, mais aucune femme ne souhaite une transparence totale. D’une manière générale, je la déconseille, car cela permet de préserver l’aura de mystère qui entoure un homme, qui ne sera progressivement dévoilée qu’aux femmes qui manifestent un intérêt et une réceptivité appropriés à son égard. Cependant, une autre raison de rester délibérément ambigu est de désamorcer la dynamique STM que les femmes supposent être la psychologie par défaut des hommes.
Règle de fer n°8 : Laissez toujours une femme trouver pourquoi elle ne va pas coucher avec vous, ne le faites jamais à sa place.
Une partie intégrante du maintien de l’impératif féminin en tant qu’impératif sociétal consiste à garder les femmes en position de principales sélectionneuses sexuelles. De plus, STM sert à optimiser l’hypergamie en aidant les femmes à se sentir en sécurité lorsqu’elles évaluent quel homme correspondra le mieux à leur hypergamie. Ironiquement, la dynamique STM est bouleversée dès qu’une relation monogame est établie, en raison de l’anxiété des femmes qui veulent « fixer » leur partenaire une fois dans cette relation. Ce qui était autrefois la pseudo-authenticité « qu’il soit lui-même » est remplacé par « je travaille sur lui » afin qu’il devienne l’homme idéal qui répondra à son approbation hypergamique, montrant ainsi le non-sens calculé qu’est réellement STM depuis le début.
Nous sommes qui nous disons être
Nous pouvons modifier notre personnalité et la voir modifiée par notre environnement ou par une combinaison des deux, mais il est faux de prétendre que la personnalité est immuable. Le piège consiste à penser que modifier sa personnalité serait, en quelque sorte, malhonnête. Il existe certes de formidables « acteurs » ou « poseurs » [NdT : en français dans le texte !] et autres, qui, lorsque nous les rencontrons, nous donnent l’impression (ou même la certitude) qu’ils repoussent des limites avec lesquelles ils ne sont pas tout à fait à l’aise. Mais la doctrine « fais semblant jusqu’à ce que tu y arrives » a ses mérites. Nous ne percevons cela comme « faux », « superficiel » ou « tenter d’être quelqu’un que l’ont n’est pas » que lorsque nous avons une idée ou une connaissance préalable d’un ensemble de comportements. Si vous rencontrez un type sympathique, arrogant et drôle dans un club ce week-end, comment savoir s’il est authentique ou s’il repousse les limites de sa personnalité si vous ne l’avez jamais rencontré auparavant ?
N’acceptez pas les rôles que la société vous impose. Recréez-vous en vous forgeant une nouvelle identité, une identité qui attire l’attention et qui ne lasse jamais le public. Soyez maître de votre propre image plutôt que de laisser les autres la définir à votre place. Intégrez des effets dramatiques dans vos gestes et vos actions en public : votre pouvoir s’en trouvera renforcé et votre personnage semblera plus grand que nature.
Robert Greene, The 48 Laws of Power

