Règle de fer de Tomassi n°9

Ceci est une traduction de la neuvième règle de fer de Rollo Tomassi, telle qu’énoncée et expliquée par l’auteur sur son blog The Rational Male. — TB

Désolé, s’excuser de manquer de Jeu n’est pas le Jeu

Une bourde dont plupart des hommes ne se méfient pas, selon moi, est cette attitude d’autodérision à laquelle ils ont recours pour susciter l’intérêt potentiel d’une femme en tentant de faire jouer sa compassion. Exemple concret (publié avec sa permission) :

Objet : Je m’excuse d’avoir été complètement con

En fait, je voulais t’appeler ce soir pour te parler, mais je viens d’emménager dans mon nouvel appartement aujourd’hui et j’ai perdu la notion du temps ; il est maintenant minuit passé. Bref, j’ai été un vrai con la dernière fois qu’on s’est parlé. J’ai repensé à ce que tu m’as dit, et j’ai vraiment été nul ces derniers temps. Je repense à nos premiers « rendez-vous », et je réalise que j’ai été complètement nul et ennuyeux. Ce n’étaient pas tant des rendez-vous que des occasions de trop essayer de me faire passer pour quelqu’un de mûr (mauvais choix de mots, mais je ne sais pas ce que je faisais) en n’étant pas moi-même. En tout cas, je réalise maintenant que je dois me sortir cette balayette du derrière et recommencer à m’amuser dans la vie. C’est pour ça que je me suis soûlé les deux derniers weekends.

J’espère qu’on pourra recommencer à traîner ensemble, parce que j’aime vraiment ta compagnie. Mais je te promets que si on le fait, je boirai, me détendrai et ne serai plus aussi renfermé. Je te promets aussi de ne plus t’envoyer de textos ridicules. Je déteste quand les gens me font ça, alors j’imagine à quel point j’ai l’air débile quand je le fais.

Allen

Il s’agit d’un véritable courriel que m’a transmis une jeune femme que j’accompagne, après qu’elle a envoyé bouler ce type suite à trois rendez-vous. C’est l’un de ces nombreux courriels et messages instantanés que j’ai analysés à maintes reprises avec des femmes. C’est un exemple typique de la façon dont les hommes ont recours à des tactiques d’autodépréciation afin de provoquer une réaction de sympathie de la part d’une femme, du genre « ce n’est pas grave, je comprends », dans l’espoir qu’elle ait « pitié » de lui parce qu’il est un « homme imparfait » et qu’elle veuille bien lui donner une deuxième (ou troisième, ou quatrième) chance.

C’est une manifestation directe du conditionnement social des hommes à reconnaître et admettre leurs faiblesses, en espérant que les avouer les transformera en forces, et donc en atouts (puisqu’ils croient à tort que cela les rendra « différents des autres hommes » et donc uniques). « Tu vois ? Je suis vraiment un homme sensible et introspectif, prêt à assumer ses propres défauts de caractère, s’il te plaît, aime-moi. »

Règle de fer n°9 : Ne vous dévalorisez jamais, quelles que soient les circonstances.

C’est un baiser de la mort que l’on s’inflige soi-même, et c’est l’antithèse de la mentalité de l’homme de valeur. Une fois que vous vous êtes accepté et présenté comme un « complet idiot », il n’y a plus moyen de retrouver la confiance avec une femme. Ne cherchez jamais à susciter la sympathie d’une femme. Sa sympathie est un don qu’elle accorde à son gré, jamais lorsqu’on la mendie — les femmes méprisent l’obligation de compatir. Rien ne tue autant l’excitation que la pitié. Même si vous ne vous considérez pas sérieusement comme pathétique, il n’est jamais dans votre intérêt de vous présenter comme tel. L’autodérision est un outil malavisé pour l’idiot frustré moyen, et ce n’est pas quelque chose qui viendrait à l’esprit d’un Alpha.

Les gens semblent confus sur le fonctionnement réel de l’autodérision. Je ne suis pas en train de suggérer qu’un homme se prenne tellement au sérieux qu’il ne puisse rire de lui-même. En fait, une excellente tactique consiste à afficher un air sérieux et impassible, puis à reconnaître et rire d’une bêtise qui vous fait sortir de ce rôle. Rien ne rend un homme plus attachant aux yeux d’une femme que de lui donner l’impression qu’elle seule peut briser sa carapace et lui faire découvrir de l’humour au fond de lui-même. Cependant, la véritable autodérision vient de soi. Ce n’est pas la dérision genre : « Ha ha, regardez, j’ai glissé sur une peau de banane ! », mais plutôt le sentiment d’autodérision du type « Je suis un crétin, mais je vaux le coup ». Il y a une différence notable entre être pathétique et être capable de rire de soi en toute sincérité.

Je ne préconise pas que les mecs ne reconnaissent jamais leurs erreurs ou leurs torts ; vous devriez vous excuser dans certaines situations, en fonction du contexte, et le faire de manière appropriée. Cependant, l’autodérision relève d’un tout autre schéma mental. L’humilité est une vertu (jusqu’à un certain point), mais ce n’est tout simplement pas une vertu qu’une femme qui vous intéresse appréciera comme vous le souhaitez. En réalité, elle véhicule souvent le message inverse. L’humilité vertueuse ne remplace pas la confiance en soi. Si vous êtes déjà en couple avec une femme, elle peut développer un sentiment d’appréciation dicté par les normes sociales, mais là encore, cela ne vaut que jusqu’à ce que vous troquiez l’estime qu’elle a de votre confiance en vous contre votre inclination à reconnaître vos fautes. Lorsqu’une femme soumet une interropiège [NdT : dans le texte, shit test] basée sur cela, et qu’un homme s’y soumet par autodérision, le dégât est fait et il est difficile à réparer. Reconnaître un défaut n’est pas une force qui inspire les femmes : c’est toujours un défaut. C’est peut-être la chose honorable, nécessaire et honnête à faire, mais ne croyez pas un seul instant que les femmes vous apprécieront davantage en avouant vos torts.

Cela dit, la véritable autodérision est omniprésente. Les hommes d’aujourd’hui sont tellement imprégnés par l’autodérision et le ridicule masculin véhiculés par les médias populaires que cela semble être devenu une norme pour attirer les femmes. Le message est le suivant : « les femmes aiment les hommes qui se moquent des hommes ». Il faut donc en être hyper-conscient et désapprendre ce comportement. Il faut, en quelque sorte, vous rattraper en plein milieu d’une phrase. Les femmes fonctionnent sur les sous-entendus et, lorsque vous admettez ouvertement un manque de confiance en vous-même ou en votre sexe, vous vous rangez de vous même dans la catégorie « juste amis ». C’est une impression forte que vous ne réparerez pas facilement, voire jamais. Les femmes veulent d’emblée un homme compétent, sûr de lui et déterminé, pas quelqu’un dont l’image de soi est celle d’un « vrai crétin » ou même d’un semi-crétin. Le stéréotype du type excentrique mais attachant qui se fraye un chemin maladroitement dans le cœur d’une femme fonctionne dans les comédies romantiques, mais pas dans le monde réel. J’ajouterais également que lorsque vous en prenez pleinement conscience, vous pouvez aussi en tirer parti pour faire de surpasser à un concurrent, ou pour draguer une fille dont le petit ami ou le prétendant s’auto-déprécie. Il est si facile de renforcer son opinion sur un homme de ce genre en la lui confirmant discrètement, tout en mettant en avant votre confiance et votre propre valeur.

Tout cela ne veut pas dire qu’il est mal de reconnaître ses propres faiblesses et de comprendre quand on a tort. C’est simplement la manière dont on s’y prend qui importe. Il existe de nombreuses façons d’assumer la responsabilité de ses erreurs sans se rabaisser. La plus simple consiste à adopter en permanence l’attitude selon laquelle « on s’améliore sans cesse ». Cette mentalité renforce la confiance en soi et dégage de l’ambition, tandis que l’autodérision revient à se fourrer le nez dans de la merde de chien en disant « Aime-moi quand même, s’il te plaît ? »

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