L’Effrontée du mois de mai 2026 : Juliette

— Je peux mettre mes bras autour de ton cou ?

— Heu… Oui, oui.

— Tu nous balances ?

— Comme ça ?

— Plus vite si tu veux. Tu as chaud ?

— Ça va. Oui, un peu chaud.

— Je peux m’écarter si tu as trop chaud.

— Non ! Heu… Non.

— La moiteur humecte ma robe trop fine. Je colle un peu. Je poisse ?

— Non, non. Moi aussi, d’ailleurs. Ah, la brise vient…

— J’aime ton odeur. C’est un alcool fort.

— Je suis désolé !

— Tu as déjà embrassé ? Je te montre.

— …

— Tu as chaud, tu es tout rouge !

— La brise est tombée.

— Et ça… Quelque chose s’est levé, on dirait. Fièrement, qui ne veut pas redescendre le fripon !

— Juliette…

— Nous avons trop chaud dans ces vêtements ! Tant pis ! Regarde… Ne sommes nous pas mieux dans l’état de Nature ?

— Ô Juliette !

— Tu n’es pas mieux sans tunique ? Voyons ce mystère de la Nature…

— Ooooh Juliette !

— Déjà l’acmé ? Ce fut rapide.

— Désoléééé…

— Ça ne fait rien. Balançons-nous. Embrassons-nous encore. Dans un quart d’heure tout au plus, l’oiseau refera sa parade.

Ô printemps ! Jeunesse de l’année !
Ô jeunesse ! Printemps de la vie !

Illustration : Le Printemps, par Pierre Auguste Cot, 1873

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