— Je peux mettre mes bras autour de ton cou ?
— Heu… Oui, oui.
— Tu nous balances ?
— Comme ça ?
— Plus vite si tu veux. Tu as chaud ?
— Ça va. Oui, un peu chaud.
— Je peux m’écarter si tu as trop chaud.
— Non ! Heu… Non.
— La moiteur humecte ma robe trop fine. Je colle un peu. Je poisse ?
— Non, non. Moi aussi, d’ailleurs. Ah, la brise vient…
— J’aime ton odeur. C’est un alcool fort.
— Je suis désolé !
— Tu as déjà embrassé ? Je te montre.
— …
— Tu as chaud, tu es tout rouge !
— La brise est tombée.
— Et ça… Quelque chose s’est levé, on dirait. Fièrement, qui ne veut pas redescendre le fripon !
— Juliette…
— Nous avons trop chaud dans ces vêtements ! Tant pis ! Regarde… Ne sommes nous pas mieux dans l’état de Nature ?
— Ô Juliette !
— Tu n’es pas mieux sans tunique ? Voyons ce mystère de la Nature…
— Ooooh Juliette !
— Déjà l’acmé ? Ce fut rapide.
— Désoléééé…
— Ça ne fait rien. Balançons-nous. Embrassons-nous encore. Dans un quart d’heure tout au plus, l’oiseau refera sa parade.
Ô printemps ! Jeunesse de l’année !
Ô jeunesse ! Printemps de la vie !
Illustration : Le Printemps, par Pierre Auguste Cot, 1873

